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Tome III.
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BRETAGNE.

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la façade 1 , les magnifiques débris d’un jubé en pierre de Taillebourg 2 . L’abbéDaniel de Saint-Allouarn, qui le fit exécuter par des artistes venus très proba-blement des bords de la Loire, aux environs de lannee i^qo 3 , n^avait rienépargné pour laisser tout à la fois un souvenir de son bon goût et de sa granderichesse. Sans doute il y a bien un peu de surcharge en certaines parties, maisce léger défaut disparaît au milieu de l’harmonie de l’ensemble. Nous sommesarrivés au moment où la capricieuse ornementation de la première renaissanceva faire place à une recherche de plus en plus développée de la correctionclassique. Déjà à côté de pilastres chargés d’arabesques en figurent d’autres àcannelures, les chapiteaux sont conçus suivant les données du style corinthien,avec feuilles d’acanthe, caulicoles, rosette, volutes d'angle et de face, l’entable-ment enfin présente une architrave moulurée et une corniche à modifions. Lemouvement encore timide ne peut qu’aller en s’accentuant rapidement et l’esprit,tourné naguère vers la grâce et la délicatesse, n’aura bientôt plus en vue que laforce et la sévérité.

En attendant, nous ne pouvons, pour notre part, nous lasser d’admirer l’habi-leté dont l’artiste a fait preuve dans la composition de ses niches. Elles sontréunies deux à deux, ce qui a permis d’éviter la trop grande multiplication deslignes verticales. Puis, dais et culs-de-lampe, au lieu de se présenter de front,sont vus sous un jour fuyant qui ajoute beaucoup de charme aux moindres détails 4 .Si cette belle œuvre était toujours en place, que pour l'examiner on eût unelumière convenable, même dans l’état de mutilation où le xvm e siècle nous l’alaissée, elle produirait un effet merveilleux. A vrai dire, parmi les monumentsanalogues, nous ne voyons rien qui puisse lui être comparé 5 .

1. U occupe cette place depuis l’année 1732. ’

2. Histoire de P abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé , par dom Placide Le Duc, p. 384.

3.. La date de 1541 qui se v voit dans la frise a été ajoutée au xvin c siècle; mais elle n’en correspond pas moins,croyons-nous, à l’achèvement des travaux. Daniel de Saint-Allouarn était alors abbé depuis vingt ans.

4. Sans avoir égard à cette, disposition, le sculpteur Morillon (de Rennes) qui, en 1732, fut chargé de réparer lejubé, au moment de son déplacement, a installé dans chaque niche une statue assise d’évangéliste. C’est à lui égalementqu’est due la scène centrale représentant le Christ porté sur des nuées et entouré d’anges.

5. Le dessin de M. Sadoux ne reproduit qu’une moitié du jubé. On remarquera,-à la partie inférieure, les bustesde prophètes ; — l’un d’eux, David, tient une lyre à la main — placés dans des niches à coquilles. Les statuettes semées dansles dais sont au nombre de vingt, les douze Apôtres d’abord, puis les trois Vertus théologales, les quatre Vertus cardinaleset la vierge Marie. Nous ne parlons pas des bustes qu’on voit dans la corniche ; quatre d’entre-eux figurent les Pères del’Eglise latine, les autres sont des prophètes.

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