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Tome III.
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BRETAGNE.

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Jehan Tuffereau et Jehan delà Noë, maistres maczons », furent chargés d’aviser auxmoyens de parachever l’ouvrage. Le maître n’avait sculpté aux côtés de la croixqui occupait le centre de la composition que les deux « ymaiges » de saint Françoiset de sainte Marguerite; il s’agissait d’en ajouter trois autres reconnues indis-pensables, nous voulons dire « Nostre Dame, saint Jean et sainte Magdalene ».Quoi qu’il en soit, nous ne sommes pas beaucoup plus avancés à l’heure actuelle,car il ne reste absolument rien de ce retable qui a disparu comme tant d’autreschefs-d’œuvre dans la tourmente révolutionnaire.

A ce sujet, il est peut-être bon de rappeler l’erreur dans laquelle tout lemonde vivait à Nantes, il y a peu de semaines encore. On était persuadé que,derrière une boiserie de la chapelle Saint-Clair *, à la cathédrale, on retrouveraitintacte, le jour où l’on voudrait s’en donner la peine, une œuvre de MichelColombe. Car Guépin, dans son Histoire de Nantes 2 , en avait menti lorsqu’il s’étaitpermis d’affirmer que la statue de Guillaume Guéguen, le prélat favori de lareine Anne, volée d’abord en 9^, puis brisée et vendue par morceaux plusieursannées après, n’existait plus depuis longtemps 3 . Des vieillards, disait-on, l’avaientvue dans leur jeunesse, c’est-à-dire au début du règne de Louis-Philippe, lorsquela malencontreuse boiserie était encore dans l’atelier de menuiserie d’où ellen’eût jamais dû sortir. Même on répétait que, postérieurement, certains pri-vilégiés, grâce à l’heureuse invention d’un panneau à coulisse, s’étaient trouvés àmême de constater que la statue en question avait peu souffert des injures dutemps et des hommes.

Quelque rassurantes que parussent ces assertions, elles étaient loin de noussatisfaire. Aussi prîmes-nous la résolution de tenter toutes les démarches possiblespour arriver à voir de nos propres yeux et dans de meilleures conditions quenos devanciers. C’est ce qui eut lieu le 15 décembre 1883, jour où la tristedécoration en pseudo-gothique, imaginée par nous ne savons quel architecte,enlevée enfin sur une longueur de plusieurs mètres, laissa apparaître en sonentier le tombeau de Guillaume Guéguen 4 .

A proprement parler, la partie architecturale se présentait dans un état deconservation peu commun. Même nous avions la surprise de contempler, sur les

1. Autrefois chapelle de la Madeleine.

2. 2 e édition, 1839, p. 185.

3. Dans une lettre de Michelle de Saubonne, dame d’honneur de la reine Anne, il est recommandé de « fere ferepayement des soisente quatre escuz souleil, deuz de la sépulture messire Guillaume Guéguen à Michel Coulombe de Tours,qui ne sont encores paiez ». Cette lettre est de 1509 ou 1510, B. Fillon, Documents , etc., p. 18.

4. Nous avons grandement été aidé dans la circonstance par M. Gabriel Révérend, jeune architecte de Nantes, etM. 1 abbé Bruneau, custode de la cathédrale. Qu’ils reçoivent ici, l’un et l’autre, tous nos remerciements.