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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
côtés, des colonnes semi-hexagonales, chargées d’arabesques du travail le plus fin,qui ne figurent pas dans le dessin hâtivement fait par Gaignères 1 . La perte desécussons semés un peu partout et la mutilation de la frise supérieure se trou-vaient donc ainsi largement compensées 2 3 4 . Quant à l’inscription sur lame decuivre traduite par Fournier qui l’a arrangée à sa façon 5 , il va sans dire quelleavait disparu la première ; sa place seulement se faisait remarquer au fond del’enfeu par une série de trous encore nantis de crampons en fer.
Mais, en définitive, tout cela importait peu, car jamais on n’avait prétenduque Colombe, sortant de ses habitudes, se fût chargé d’un travail relativementsecondaire. Ce qu’il fallait constater, c’était donc, d’une part, la ressemblanceexistant entre la statue momentanément rendue à la lumière et celle dessinée parGaignères; de l’autre, certaines affinités de style et d’exécution avec les grandesfigures du tombeau de François II. Or un simple coup d’œil suffisait presque pourtrancher la question. Vu la place qu’occupe le marbre, son manque de relief estvisible, sans compter que même, en ajoutant deux anges aux extrémités, on neparviendrait pas à remplir l’espace laissé libre*. Puis, est-il admissible que lesmains du prélat soient ici croisées sur sa poitrine et là relevées dans l’attitudede la prière, que le lion sur lequel reposent ses pieds ait pu indifféremment êtrenégligé? L’infidélité dans la reproduction d’un monument ne saurait, quoiqu’onen dise, être poussée aussi loin. Cependant nous serions facilement disposé à toutrejeter sur le dessinateur du xvn e siècle, si, dans l’expression du visage aussi bienque dans le jet des draperies, nous retrouvions quelques-unes des qualités quidistinguent la sculpture de Colombe. Mais il n’en est rien ; la statue dont toutle monde parlait, sans l’avoir jamais vue, semble plus ancienne que celles dutombeau voisin, bien quelle soit, croyons-nous, de vingt ans plus moderne. Jadiselle faisait partie d’un monument élevé, dans le transept sud de la cathédrale, àun autre évêque de Nantes, François Hamon, mort en 15 32. Ce dernier fut détruitpour faire place à celui de François II, et comme l’enfeu de Guillaume Guéguenétait vide, on trouva bon de le remplir de la manière que nous indiquons.
Michel Colombe ne laissa point d’enfants, quoiqu’on ait voulu prouver lecontraire 5 . François Colombe, dont il est souvent question dans les comptes,
1. Bibliothèque nationale, Cabinet des Estampes , t. VIII, fol. 163.
2. Guillaume Guéguen portait : d'argent à un arbre de simple , au franc quartier d : hermine chargé de deux hachesadossées de simple.
3. Histoire lapidaire de la ville de Nantes. 1. II.
4. Voir plus haut, p. 13.
5. Nouveaux Documents sur Jehan Juste et Michel Colombe, par le docteur Giraudet. 1877.