BRETAGNE.
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des aides dont Michel Colombe avait coutume de se servir; d’où la conclusiontoute naturelle que si l’œuvre ne porte pas directement la marque du célèbrefondateur de l’école de Tours, elle a du moins été exécutée sous ses yeux et
sous sa direction. Nous retrouvons même — et le fait mérite bien d’être noté_
deux mains différentes dans la partie ornementale, ce qui est conforme à unautre document signalant, à cette époque, la présence à Tours d’un second Italien'.Quant aux statues des jeunes princes, elles sont évidemment françaises, et toutporte à croire que l’élève préféré du maître, Guillaume Régnault, n’est pasétranger à leur exécution.
Maintenant que le terrain se trouve déblayé du côté de Tours, nous sommesplus à l’aise pour résoudre certaines questions relatives au superbe monumentfunéraire qui se voit dans la cathédrale de Dol. Et d’abord c’est bien là, contrai-rement à l’opinion reçue, que les Juste ont, pour la première fois, été appelésà déployer leur talent. La date de 1507, inscrite sur l’un des pilastres de l’enca-drement en même temps qu’aux deux extrémités du sarcophage, indique la findes travaux. Quant au point de départ, il peut être facilement reporté de troisans environ en arrière, si l’on tient compte de l’importance de l’œuvre. Mais onne saurait aller au delà, car le prélat qu’il s’agissait d’honorer, Thomas James,est mort le 5 avril 1504.
Cette dernière constatation a pour nous une grande importance depuis quedes documents certains font naître Antoine Juste en 1479 et son frère Jeanen 148Q. L’un et l’autre étaient trop peu avancés en âge pour avoir eu le tempsde se faire une réputation quelconque dans un pays où ils seraient arrivés com-plètement inconnus. Nous sommes donc forcés d’admettre que s’ils ont aban-donné la Toscane, ce n’est pas de leur propre mouvement, mais à la suite d’uneconvention en règle leur assurant, de ce côté des Alpes, à la fois gloire etprofit.
Bien que Thomas James, en effet, par testament daté du 4 avril r 5 05, eûtdéclaré vouloir être enterré « sans aucune pompe et comme le dernier du peuple »,l’un de ses neveux, Jean James, prieur commendataire de Lehon et trésorier duchapitre de Dol, n’en décida pas moins, dès le premier instant, pour conserver
Regis Francorum, ejus viro dicte domine. » Documents communiqués par M. Milanesi dans le tome XIV e , 2 0 période,p. 368, de la Galette des Beaux-Arts } 1876. Jérôme de Fiesole ne serait autre, paraît-il, que Girolamo di Domenico delCoscia, inscrit sur les registres de l’Art des Maîtres de pierre de Florence, à la date du 14 octobre 1491. Son surnom deFiesole viendrait du lieu de sa naissance.
1. B. Fillon, Documents relatifs aux œuvres de Michel Colombe p. 10.
2. Nouveaux documents communiqués par M. Gaetano Milanesi } dans la Galette des Beaux-Arts ; t. XIV, 2° pé-riode, 1876, p. 363.