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Tome III.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

toutes pièces un nouveau château qui, placé en arrière du premier 1 , se déve-loppe à l’aise sur un large plateau. Du reste, les deux corps de logis qui sefont suite, à un niveau différent, au fond de l’immense cour divisée en terrasses,indiquent assez par leur changement de* style combien longue a été la duréedes travaux. Toute la façade en contre-bas, qui ne révèle pas chez son auteurun bien grand talent, est un spécimen d’architecture bretonne dont la date indé-cise flotte entre les années 1520 et 152$, tandis que la création voisine, duecertainement à un maître des bords de la Loire, ne contredit pas l’inscriptionsuivante :

DE MIEULX EN MIEULXPOUR LACHEVER IE DEVINS VIEULX

Ml 8 -

Jean de Laval, qui est censé parler de la sorte, si nous en croyons Noëldu Fail dans ses Contes et Discours d’Eutrapel 2 , n’avait rien négligé pour rendreson château aussi magnifique que possible. Au moment d’entreprendre le secondcorps de logis, l’idée lui était même venue de réunir en congrès non seule-ment les architectes de la province, mais encore ceux du dehors 3 . Naturellementles partisans du nouveau style arrivèrent en grand nombre, car on connais-sait les goûts de Jean 4 , qui avait longtemps vécu à la cour de François I er .

1. Le vieux château n’a été démantelé que sous Henri IV, à la suite des guerres de la Ligue. Ceux qui évoquent àce sujet le siège de 1488 n’ont pas réfléchi aux répugnances qu’eût éprouvées Jean de Laval à bâtir à côté d’une ruine.

2. Chap. XXXIII.

3. M. Bonaffé, dans un article intitulé Maître Pihourt et ses hétéroclites ( Ga^tte des Beaux-Arts, t. XI, 2 e période,1 875, p. 401), a supposé que ce congrès avait eu lieu en 1532, à l’occasion du séjour de François I er à Châteaubriant.Pour notre part, nous croyons bien plutôt qu’il a suivi immédiatement le retour du comte en Bretagne, en 1526.

4. Trop longtemps, semble-t-il, pour la réputation de la belle comtesse de Châteaubriant sa femme. A ce sujetM. E. de La Gournerie s’exprime ainsi dans la Bretagne contemporaine (p. 65-66) : « Quel que soit le jugement que l’onporte sur Françoise de Foix, il est impossible de mettre en doute l’influence qu'elle exerça sur les dix premières années durègne de François I er . Son dépare pour Châteaubriant, à l’époque de Pavie, fut considéré comme un acte jaloux du comte,et, l’imagination brodant sur ce thème, on en vint jusqu’à parler d’un assassinat commis, en 1526, par l’époux outragé.Voilà le roman. Quant à l’histoire, elle nous montre la comtesse recevant François I er en 1532, puis décédant paisiblementen 1537. Le tombeau que Jean de Laval lui fit ériger dans l’église des Trinitaires était orné de sa statue en marbre etd’une épitaphe qui est de point en point la contre-partie de l’histoire de l’assassinat :

PEV DE TELLES

SOVBS CE TOMBEAV GIST FRANÇOISE DE FOIX,

DE QUI TOVT BIEN VNG CHACVN SOVLOIT DIRE,g ET LE DISANT, ONCQ VNE SEVLE VOEX g

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S NE SAVANCZA DV VOVLOIR CONTREDIRE. ^

Q DE GRANT BEAVLTE, DE GRACE QVI ATTIRE, 2

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> DE BON SÇAVOIR, DINTELLIGENCE PROMPTE, JS

è DE BIENS, DHONNEVRS, ET MIEVLX QVE NE RACOMPTE, w

DIEV ETERNEL RICHEMENT LETOFFA.

o viatevr! povr tabreger le compte,

CI GIST VNG RIEN LA OV TOVT TRYVMPHA.

« Prou de moins, peu de telles, point de plus! Le roman n’a-t-il pas encore ici un peu sa part? Ce qui paraît