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Tome III.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

noms de Phidias et de Parrhasius 1 , le jubé de la cathédrale du Mans était

une œuvre tourmentée qui pouvait faire honneur à l’imagination des artistes mais ne révélait pas chez eux le moindre goût. Devant un pareil

entassement de figures, accrochées dans leurs niches à un mur absolument plat 2 ,on a peine à se croire au centre d’une province voisine des bords de la Loire.

Sans doute, à la suite du qui précédemment avait résidé à Arras et

à Thérouanne, étaient venus dans le Maine certains artistes formés à l’école

des Flandres, et c’est avec raison que l’on a pu rapprocher le jubé qui nousoccupe des constructions élevées à Brou, quelques années plus tard, par l’ar-chitecte de Marguerite d’Autriche, Louis Van Boghen 3 .

Philippe de

Luxembourg avait l’esprit trop ouvert pour

Quoi qu’il en soit,

ne pas s’apercevoir promptement que la voie dans laquelle il s’était engagé n’étaitnullement profitable. Aussi le voyons-nous faire bon accueil à l’Angevin SimonHayeneufve, qui, durant un long séjour en Italie 4 , s’était familiarisé avec les

belles créations de la Renaissance. C’est à lui qu’il s’adressera, peu après

l’an 1500 pour la reconstruction de la chapelle de l’évêché, dont la voûte en cou-pole surmontée d’un lanternon constituait, à pareille date, une nouveauté véri-tablement extraordinaire A Tout le temps perdu se trouvait de la sorte rattrapé

1. « Et præsertim miri artificii ac celaturi, Phidiaca auc Parrhasii opéra exuperantis pulpito. » Extrait d’un procès-verbal de 1507, cité par M. Hucher.

2. « Qu’on se figure trois ou quatre étages de statues, surmontées de riches pinacles, des scènes à personnagesmultiples, entourées d’un riche décor d’arcatures, de clochetons, de frises à devises, en un mot de tout le luxe décoratifen usage à la fin du xv e siècle ou au commencement du xvi'; qu’on se représente tout un peuple de personnages décorés delégendes et d’attributs, les uns atteignant la taille humaine dans sa plus grande dimension, soit deux mètres, les autresvariant d’un mètre à un mètre trente centimètres, et enfin un plus grand nombre encore n’atteignant pas trente ou quarantecentimètres de hauteur, et l’on aura une idée ébauchée de la grandeur et de l’importance du monument. # Hucher, op. cit.Ce jubé a été complètement détruit par les protestants en 1562.

3. Hucher, op. cit.. p. 1.

4. Areste toy passant et contemple

que sous ceste pierre reposele corps de maistre Symon Hayeneufveissu dangeou.

A passé jeunesse avecqs les Italiens, aprèsen lan mil cinq cens aagé de cinquante anss'en vint au Mans ou a fini le reste de sa viefinalement en laage de quatre vingtset sei\e ans. etc.

Tel est le début de l’épitaphe autrefois placée dans la nef de l’église Saint-Vincent du Mans. M. Chardon en adonné un fac-similé [les Artistes du Mans, etc., 1879, ad finem ) d’après la collection Gaignières. Quant à M. Célestin Port(les Artistes angevins, 1 vol. in-8°, 1881), il n’a pas trouvé le moyen de consacrer même une demi-page au plus grand artisteque l’Anjou ait produit. Il le nomme seulement en passant (p. 150), et l’on sent que ses connaissances ne vont pas au delàde ce qu’en a dit Lacroix du Maine.

5. Une eau-forte du xvn e siècle, reproduite par M. Hucher dans ses Etudes sur Vhistoire et les monuments dadépartement de la Sarthe (le Mans, 1856, p. 20), donne avec assez de détails, sous le n° 4 et le nom faux « les jésuites »,