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Tome III.
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LE MAINE.

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d’un seul coup, et le Maine encore une fois devançait les autres provinces dans lem0 uvement qui devait imprimer aux arts une direction si féconde.

Simon Hayeneufve, dont la vie se prolongea jusqu’en 1546, dut évidemmentlaisser beaucoup de traces de son talent 1 ; mais, par suite des destructions opérées,durant les guerres de religion d’abord, puis à l’époque révolutionnaire, rien nereste plus aujourd’hui qui puisse, d’une manière certaine, être mis au compte,soit du peintre, soit de l’architecte 2 , car, si nous en croyons les contemporains,qui, dans leur exagération un peu risible, ne craignent pas d’évoquer à son sujetles plus grands génies de tous les temps et de tous les pays, le célèbre artisteaurait avec la même habileté manié le pinceau et l’équerre.

Pendant que les germes déposés au Mans par Francesco Laurana avaientquelque peine à se développer, qu’il fallait attendre plus d’un quart de siècleavant de voir apparaître une seconde manifestation de la Renaissance, dans unmonastère écarté et jusqu’alors sans importance, le changement s’opérait brus-quement à la date de 1496. Suivant toutes probabilités, les pilastres qui accompa-gnent, à Solesmes, le célèbre ensevelissement du Christ, marquent les débuts, dece côté des monts, des « deux tailleurs de maçonnerie antique italiens » auxquelsMichel Colombe abandonnait en quelque sorte la partie décorative de ses vastescompositions 3 . Et, remarquons-le bien, dans ce fait on peut trouver un argumentnouveau en faveur de l’opinion qui attribue au grand sculpteur breton l’une desœuvres les plus admirables du xv e siècle expirant. Les différents artistes qui com-posaient son atelier ne travaillaient pas les uns sans les autres, et ceux placés ausecond rang surtout, lorsqu’on les rencontre quelque part, indiquent à ne pass’y tromper la présence du maître dont ils dépendaient.

A ce sujet nous ferons remarquer dès maintenant que le Maine a peu pro-

la chapelle élevée par Simon Hayeneufve. Citons également un plan du même ouvrage (p. 32) où elle se trouve figurée,mais très sommairement cette fois, parmi les principaux édifices du Mans.

1. Dans son Champjleury imprimé en 1529, Geoffroy Tory fait le plus grand éloge de notre artiste: « Il est trèsexcellent, dit-il, en ordonnance d’architecture antique, comme on peut voir en mille beaux et bons desseings et portraictzqu’il a faictz en la noble cité du Mans et a maint estrangier... Il est homme d’église et de bonne vie, amyable et ser-viable a tous en desseings et pourtraictz au vray antique, lesquelz il faict si bons que, si Victruve et Lyon Baptiste Albertvivoient, ils lui donneroient la palme par dessus iceux de delà les monts. » Cf. A. de Montaiglon, Notice surJ. Pèlerin. 1861.

2. M. H. Chardon ( op. cit.) pencherait à voir une œuvre de Simon Hayeneufve dans le retable découvert à Douilleten 1875 ec qui es t daté de 1501. Pour notre part, il nous semble difficile de souscrire à cette opinion, qui aurait pour résultatd amoindrir singulièrement le talent du célèbre artiste, du moins en tant que peintre. Si on veut absolument lui attribuerquelque chose, que ne tourne-t-on plutôt les yeux vers l’église d’Évron (Mayenne) où existe un reliquaire des premièresannées du xvi' siècle, qui reproduit, dans ses lignes générales, assez fidèlement la chapelle du Mans? Seul Hayeneufve noussemble avoir pu donner le modèle de cette pièce d’orfèvrerie, dont l’exécution aura été confiée par le donateur Françoisde Châteaubriant, à d’autres membres de la famille établie à Angers. Cf. Célestin Port, Artistes angevins , p. 150.

3- Benjamin Fillon, Documents relatifs aux œuvres de Michel Colombe , p. 10. Nous avons démontré plus haut(p. 80) que 1 un de ces deux ornemanistes ne saurait être autre que Jérôme de Fiesole.

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