LE MAINE.
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tnais encore maintient dans une sorte de subordination le système qui, inévitable-ment est appelé à triompher 1 . Et comme pour nous faire plus regretter sa manièred’agir cet architecte, de temps en temps, se montre on ne peut plus heureuxdans les combinaisons empruntées à la nouvelle architecture. Nous n’en vou-lons pour preuve que les clochetons d’Avenières formés de groupes de colonnesau-dessus desquelles s’arrondit un couronnement en dôme. Mais où il triompheégalement, c’est dans certains détails d’ornementation. A ses têtes saillantes ildonne une collerette de feuillages qui tout à la fois les soutient, les accompagneet les grandit.
Suivant toutes probabilités, Jamet Neveu mourut peu après l’achèvementdes travaux dont nous avons parlé. Car il n’est pas possible de reconnaître samain dans la partie de la cathédrale qui a été élevée de 1549 à 15 56 2 3 . On nefranchit pas ainsi d’un seul bond, sans que rien n’ait préparé a un semblablechangement, la distance qui sépare deux manières absolument différentes. LaRenaissance qui, naguère encore, osait à peine se montrer, règne désormais ensouveraine maîtresse, et, si un rapprochement se présente à l’esprit, c’est avec legrand transept voisin. Tout porte à croire que nous avons là un spécimen dutalent de Pierre Guillot à ses débuts 3 , et il faut bien avouer que les espérancessur lesquelles on était en droit de compter n’ont pas été entièrement tenues.Pour noue part, nous n’admirons pas beaucoup la voûte immense percée d’unelunette ovale en son milieu, et divisée circulairement et longitudinalement parde larges moulures plates, semblables à autant de bandes soutachées, qui s’élèveau-dessus du bras de croix septentrional. Cet arrangement, qui date de 1575,manque d’élégance, et la simplicité qui nous avait charmé tout à l’heure faitplace à quelque chose de guindé et de prétentieux. Les mêmes défauts, dureste, se retrouvent dans la haute et large fenêtre qui vient si étrangement,à l’extérieur, couper un premier fronton reposant sur quatre colonnes corin-thiennes. Tous ses meneaux à section quadrangulaire s’en vont buter contre unetraverse qui enserre entre elle et la courbe supérieure une série d ovales aplatissur les flancs. On ne saurait inventer de divisions plus désagréables à voir et,franchement, nous leur préférons les simples armatures en fer que Ion ne tai-dera pas à mettre en pratique.
1. Le clocher d’Avenières, dont la construction se poursuivait encore en 1534, est terminé par une fléché toutegothique. Quant aux travées nord-est de la cathédrale (ancienne église de la Trinité), où, sauf quelques chapiteaux et pen-dentifs, rien ne rappelle la Renaissance, elles ont été élevées de 1537 a 1541.
2. Deux travées à la suite des précédentes, du côté du nord. (Isidore Boullier, op. cit. ; p. 140.)
3. Isidore Boullier, op, cit., p. 141.