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Tome III.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

Pierre Guillot ne mérite donc pas une place très importante dans l’histoirede l’art. Il vise trop à produire un grand effet et n’arrive souvent qu’à choquerla logique et le bon goût. Cependant, on doit lui tenir compte de ses effortspour faire connaître immédiatement tous les changements et toutes les innova-tions. Sous certains rapports, nous pourrions même dire qu’il devance son époque,et Jean Guillot qui, de 1595 à 1597, fut chargé de reprendre, à la place de sonfrère trop vieux ou décédé, les travaux délaissés depuis plusieurs années 1 , sevit obligé de rompre quelque peu avec une méthode attardée. Le portail dela cathédrale, on a peine à le croire, tout au moins dans sa conception générale,est antérieur à celui de Saint-Vénérand qui montre, à la partie supérieure, unarc bandé entre deux contreforts et, sur le côté, une tourelle à lanternons.Peut-être Jean Guillot, dont le monogramme est inscrit au-dessus de la dated’achèvement, 1594, a-t-il voulu se rapprocher du chœur de l’église élevé trenteans plus tôt 2 . Dans tous les cas, ce serait là une preuve nouvelle de la flexibi-lité de son talent.

Nous ne connaissons pas l’origine de Jamet Neveu, mais son nom a unesaveur toute ligérine 3 . Quant aux deux autres artistes, des documents, en mêmetemps qu’ils les font naître à Angers, leur donnent cette ville comme lieu de rési-dence habituelle 4 . Il n’est donc pas étonnant, d’après cela, qu’autour de Lavalne se trouve aucun monument bâti dans le style de la Renaissance. La contréemanquait évidemment d’architectes capables de répondre aux besoins du moment,et ceux que l’on faisait venir du dehors ne pouvaient, naturellement, prêter àl’œuvre de transformation qu’un concours très limité. En outre, il faut bien ledire, des difficultés se présentaient à peu près les mêmes qu’en Bretagne, vula constitution géologique du sol. Quelques grands seigneurs ou de puissantescorporations avaient seuls à leur disposition des richesses assez considérablespour se permettre la dépense occasionnée, soit par le transport de matériaux étran-gers, soit par l’emploi du dur et rebelle granit.

En réalité, l’influence dont nous cherchons les traces ne fut exercée que par

1. Jean Guillot, dans un contrat signé le 24 septembre 1595, est qualifié de maître voyeur et visiteur des œuvres demaçonnerie en la duché d’Anjou,

2. Une inscription le date de 1565. C’est, du reste, après la façade, la partie la plus moderne de l’église commencéeen 1485. Suivant des renseignements fournis parM. Jules-Marie Richard, archiviste paléographe, le charpentier Jehan Bodinmettait, le 15 mai 1500, la derniere main à la flèche élevée au-dessus de l’intertransept. Mais il ne s’ensuit pas, toutefois,que les travaux fussent très avancés, car la dédicace eut lieu en 1521 et, à cette date, il manquait encore à la nef une travéedu côté ouest. Ce complément, qui pourrait bien, ainsi que d’autres parties, être de Jamet Neveu, se rapporte aux années1531 et 1532.

3. Documents inédits sur les arts en Touraine } 1870, passim. — C. Port, les Artistes angevins, 1881, p. 232.

4. C. Port, op. cit., p. 141-44.