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Tome III.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

figures disposées sur deux plans avec un art si remarquable que dans le centre,principalement, elles se font mutuellement valoir. Sous ce rapport, l’artiste a puéviter quelques-uns des défauts trop fréquents dans la décoration de la chapelle oùla sculpture, se méprenant sur son rôle, entreprend de lutter avec la peinture.Enfin, bien qu’il y ait toujours une tendance marquée vers la recherche desdétails, les draperies ne manquent ni d’ampleur ni de naturel. Elles participent enquelque sorte de l’état des figures qui tiennent un juste milieu entre les exagé-rations du réalisme et celles de l’école absolument contraire.

Nous ne savons à quelle époque fut commencée l’exécution du programmetracé par Jean Bougler. Mais vu le temps nécessaire à des travaux aussi considé-rables, vu surtout le caractère de la sculpture ornementale qui appartient presqueen entier à la première Renaissance 1 , si la date de 155^, très nettement gravée surun fragment d’architecture, peut être considérée comme se rapportant à la finde cette laborieuse campagne, il n’y a pas exagération à en placer les débuts vers1538 ou 1540. Même avec l’aide de plusieurs artistes secondaires, les deux sculp-teurs indiqués plus haut ont bien pu consacrer quinze années à une œuvre quine comprend pas moins d’une soixantaine de statues, la plupart de grandeur natu-relle. Quant aux bustes, ils sont également très nombreux, surtout dans la partienord de la chapelle.

Régulièrement les sculptures dont nous venons de parler si longuementeussent dû passer après celles du transept sud, qui non seulement sont plusanciennes, mais encore, ainsi qu’on a pu s’en apercevoir au cours de la discussion,ont été, dans une certaine limite, le modèle sur lequel on s’est réglé. Pour agircomme nous l’avons fait et renverser l’ordre chronologique, il a donc fallu l’obli-gation de remettre avant tout les choses à leur place, c’est-à-dire de rendre à laFrance ce qui lui appartient véritablement. Les arguments destinés à appuyerl’opinion qui fait confier à Michel Colombe le soin de diriger les premiers embellis-sements de Solesmes pouvaient au contraire facilement attendre. Du reste, si noussommes étonné d’une chose, c’est qu’on ne se soit pas aperçu de l’importancemajeure présentée dans le débat par deux pilastres à candélabres, égarés au milieude l’ornementation toute gothique servant de cadre à la grotte où se déploie lamagnifique scène de l’ensevelissement du Christ. Leur composition non moinssavante que gracieuse et leur merveilleuse exécution, rapprochées de l’inscriptionque porte l’un d’eux : MCCCCIIII xx XVI° Karolo VIII 0 régnante, font songer en

1. La décoration, un peu monotone, se compose généralement de feuillages qui ne courent pas seulement le long despilastres, mais encore enveloppent les colonnes, comme au monument de Saint-Lazare, à Marseille.