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Tome III.
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LE MAINE.

14 J

quelque sorte irrésistiblement aux « tailleurs de massonnerie entique italiens »dont parle Jehan Perréal dans sa longue lettre au secrétaire de Marguerite d’Au-triche h A cette date, en France, si la révolution se préparait, elle n’était pasencore faite, et l’on chercherait vainement qui eût pu pratiquer avec tant de fran-chise un art si avancé. D’autre part, la comparaison que nous avons pu établiravec la partie ornementale du tombeau de François II, à Nantes, ne laisse aucundoute sur la communauté d’origine. Jean de Fiesole et son compagnon inconnu 1 2ont bien certainement travaillé à Solesmes, et c’est à eux qu’est due la reprise dumouvement inauguré vingt-trois ans plus tôt par Francesco Laurana 3 .

Mais si nos conjectures ont quelque fondement, il est évident que l’attributiondont nous parlions tout à l’heure mérite la plus grande attention, car les deuxornemanistes en question faisaient partie de l’atelier de Michel Colombe et ilsne fussent pas allés au dehors se mettre à la disposition d’un autre maître. Dansson ensemble, d’ailleurs, la vaste composition qui occupe tout le transept sudn’est pas indigne du célèbre sculpteur. C’est lui qui, bien certainement, a disposéles différents groupes, fixé les attitudes et donné à chaque personnage le doublecharme de la noblesse et de la simplicité. Quant à l’exécution, elle se recom-mande naturellement de plusieurs artistes qui tous n’avaient pas un égal talent 4 .Les deux statues les meilleures sont celles de la Madeleine et de Joseph d’Ari-mathie, qui rompent ouvertement avec le moyen âge et accusent tous les carac-tères de la véritable sculpture. Rappelons enfin que, par leurs costumes imités del’antique, les deux soldats debout aux côtés de la grotte nous font égalementpénétrer dans un monde nouveau. On a là comme un avant-goût de l’armureportée par un certain Garreau, chargé de figurer le personnage principal dansle Mystère de Turnus, en 1501 5 .

1. Documents sur Michel Colombe } par Benjamin Fillon, 1865, p. 10.

2. Voir plus haut, p. 79.

3. Id. 3 p. 114.

4. M. Hucher (Etudes sur Fhistoire et les monuments du département de la Sarthe } in-8°, 1856, p. 72) a cru retrou-ver dans la légende qui orne le voile de la Vierge les noms des trois sculpteurs Vasordy, Fabert et Salmon. Suivant lui, lepremier de ces artistes serait même originaire du village voisin de la Suze, où existait, au xvii e siècle, une familleBassourdy dont le nom est analogue au précédent. Tout cela est bien problématique. La légende en question, dont nousavons sous les yeux un fac-similé, est un assemblage de lettres fleuries, les unes droites, les autres renversées, qui ne sem-blent pas offrir un sens bien certain. Puis nous voudrions que l’on nous montrât des signatures ainsi perdues au milieud ornements fantastiques. Michel Colombe avait autour de lui des aides nombreux, pour la plupart jouissant d’une réputa-tion méritée, et la nécessité ne s’est sans doute pas fait sentir de chercher des sculpteurs aux environs de Solesmes.

5. Cf. Recherches historiques sur l’origine et les ouvrages de Michel Colombe, par Lambron de Lignim, 1846,

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