LE MAINE.
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en présence d’un monument qui daterait de 1475 environ, ce qui le place enplein règne de Louis XI.
Quoi qu’il en soit, le tombeau de Charles d’Anjou, assez semblable à unberceau,' est porté sur deux étroits massifs que renforcent de chaque côté desbandes de marbre noir terminées en griffes de lion. Une scotie, une large surfacecourbe et deux cavets occupent la hauteur ; puis vient une bordure de godronsqui forme comme un cadre autour de la statue couchée du comte. Dans cet en-semble habilement combiné, tout est harmonieux. Nulle surcharge de détails, maisdes ornements en nombre suffisant séparés par des profils d’une grande pureté.Actuellement, on ne peut plus faire le tour du monument, et c’est à grand’peineque l’on aperçoit sur la face tournée vers le mur, entre deux admirables rinceaux,l’écusson du défunt h Du côté opposé, le décor change, et nous avons un cartoucheà queue d’aronde tenu par deux Amours dont l’écharpe ondoie d’une façon tantsoit peu démesurée. Tout cela ne ressemble guère à notre moyen âge et lesculpteur évidemment obéissait à un parti pris de se rapprocher autant que possibledes anciens sarcophages.
On ne se trompera pas cependant sur le pays où vécut Charles d’Anjou,non plus que sur le temps de sa mort, si l’on veut simplement jeter un coupd’œil sur les vêtements du prince. Non seulement ils indiquent un grand seigneurfrançais, mais un contemporain de Louis XI. La cotte, serrée à la taille et doubléeà la partie supérieure d’une sorte de pèlerine qui couvre le haut des bras, seportait au-dessus de l’armure vers 1470. Il en est de même des solerets, camardsdu bout, que l’on trouve concurremment avec les gênantes poulaines dès lecommencement du xvi e siècle. C’est le premier pas vers les chaussures appeléespieds d'ours , qui font leur apparition sous Charles VIII.
Francesco Laurana — et nous l’en félicitons grandement — savait doncapporter une juste mesure dans l’emploi du nouveau style. Pour lui, il ne s’agis-sait pas de transformer les hommes de son époque en Grecs ou en Romains,mais de rajeunir seulement ce qui était susceptible de l’être, sans nous jeter dansun monde auquel nos mœurs et nos habitudes nous rendaient étrangers. Sousce rapport son œuvre a une supériorité incontestable, et le tombeau de CharlesdAnjou, outre qu’il est la première manifestation de la Renaissance de ce côtédes Alpes, occupe une place distinguée dans l’histoire de l’art.
Le goût très prononcé du comte du Maine pour la Renaissance italienne
• • De France, à la bordure de gueules.
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