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Tome III.
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L’ANJOU.

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pour tel ou tel site plus ou moins remarquable, avait un peu partout semé desmanoirs ou des châteaux. Ses architectes préférés, Guillaume Robin, Jean Gendrotet Jean le Picart, durant trente ans, travaillèrent presque sans relâche 1 2 , et nousretrouvons encore aujourd’hui le premier à Baugé et à la Menitré, le second àReculée, le troisième à Saumur. Les moyens de se renseigner ne font donc pasdéfaut et si quelque nouveauté eût, par hasard, pris naissance, il est bien cer-tain que des traces en apparaîtraient dans ces différentes constructions. Là, eneffet, se reflète le courant d’idées auxquelles les arts étaient soumis et les erre-ments suivis sont la conséquence des instructions reçues. Tout fait voir quele maître, oublieux du spectacle déroulé quelque temps sous ses yeux, loin dechercher à élargir l’horizon, s’est entremis pour maintenir une sorte d’immo-bilité, perdant ainsi l’occasion de racheter ses folles entreprises.

A la mort de René, en 1480, l’Anjou eût dû régulièrement passer entreles mains du comte du Maine 3 et, d’après ce que nous savons du jeune prince 3 ,il est probable que le temps perdu se fût trouvé assez promptement rattrapé.Mais Louis XI qui déjà, une première fois, avait tenté de résoudre à son profitla question d’héritage 4 , sans retard fit envahir la riche province. Du reste, l’opé-ration présenta d’autant moins de difficultés que le principal intéressé, dans lapersuasion que toute résistance était inutile, se tint complètement à l’écart.Il ne quitta pas un instant la Provence, où la maladie devait brusquement l’en-lever l’année suivante, laissant définitivement le champ libre au roi de France,qui put du même coup agrandir son domaine au nord et au midi.

Comme on le suppose bien, le premier soin de Louis XI fut de remplacerpar de nouveaux venus tous les titulaires des offices. En outre, son habile politiquetendit à se créer des points d’appui plus sérieux encore en poussant les gens quilui étaient dévoués à faire, dans le pays, l’acquisition de nombreuses seigneuries.Il n’avait pas oublié les services rendus par son secrétaire, Jean Bourré, grâce àune grande situation territoriale et à l’opulence étalée dans la construction detrois châteaux 5 . Les moyens employés pour préparer sa domination pouvaientégalement contribuer à l’affermir. Quant à l’art, bien que nullement l’objet despréoccupations du roi, il trouvait son compte à tout ceci. Des méthodes nouvelles

1. De 1442 à 1471.

2. Charles d’Anjou, neveu er héritier de René.

3. Voir plus haut, p. 144 et suiv.

4. En 1474, sur le faux bruit d’un testament de René.

5. Vaux, dans la commune de Miré, près de Châteauneuf-sur-Sarthe; Jarzé, au nord de Baugé et Pless^de-Vent,a Vingt kilomètres d’Angers. Ce dernier prit le nom de Plessis-Bourré après sa reconstruction, qui dura sept ans,èe 1466 à 1473.