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Tome III.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

semblable 1 , était plus propre qu’un autre à fournir un projet ou donner un avis 2 .Du reste, l’intérêt que présente la question se trouve singulièrement diminué parla destruction, en 1553, de tout ce qui avait été exécuté peu auparavant 3 . Lesdeux flèches, encore admirées il y a cinquante ans 4 , appartenaient à la recon-struction de Jean de Lespine 5 qui, plein de fougue et de jeunesse 6 , saisit avectransport l’occasion d’asseoir sa naissante renommée. Aussi, non content de réparerles dégâts causés par l’incendie, entreprit-il de changer la physionomie de la partiecentrale en substituant à l’ancien pignon une décoration pittoresque. Toute la lar-geur entre les tours fut d’abord remplie par une série de niches que séparentdes pilastres chargés d’arabesques. Puis, sans souci du danger que pouvaient fairenaître des combinaisons téméraires à force de hardiesse, on profita du voisinage d’unarc-doubleau pour suspendre en quelque sorte dans l’espace la lourde masse d’unetroisième tour. Assurément il. y avait là de quoi surpendre et nous sommes toutdisposé à être indulgent pour le versificateur qui, chargé, trente-six ans plus tard,de rédiger l’épitaphe de Jean de Lespine, place au premier rang des titres de gloiredu grand architecte :

... La hardie entrepriseDe la brave lanterne au pignon de l’église 7 .

Comme les flèches qui la touchent peut-être de trop près 8 , la partie dontnous venons de parler a été renouvelée dans ses éléments principaux. Tout ce quisurmonte, entre autres choses, un premier étage de forme rectangulaire est unecopie exécutée avec soin, dit-on, mais qui, néanmoins, ne laisse pas aux appré-ciations la même sécurité que l’original. Nous avons peine à croire que la lan-terne proprement dite ait été aussi simple qu’aujourd’hui. La coupole à huit pansqui lui sert d’amortissement et du centre de laquelle émerge un lanternon, au

1. E11 1514, Roulland Leroux avait été chargé, à la cathédrale de Rouen, de surélever la tour destinée à supporterla flèche centrale.

2. C’est à cela sans doute que s’est bornée son action, car il semble bien certain que la construction proprement ditefut exécutée de 1518 à 1525, par un maître maçon d’Angers nommé Mathurin Georges. Répertoire archéologique du l’Anjou,1865, p. 245.

3. Les travaux, commencés en 1518, étaient terminés en 1523. A la suite d’un incendie qui avait calciné lespierres,la destruction indiquée s’imposait fatalement.

4. Frappées par la foudre en 1831, elles se trouvaient en si mauvais état qu’elles durent être reprises entièrement.

5. Achevée en 1540.

6. Jean de Lespine ou plutôt Delespine, suivant qu’il écrivait lui-même son nom, avait alors vingt-huit ans. Desactes authentiques le font naître à Angers, rue des Filles-Dieu, en 1505. Cf. Célestin Port, Artistes angevins , p. 195.

7. Jean de Lespine mourut en 1576, dans la même maison où il était né. Son épitaphe, conservée par Bruneau deTartifume (mss. 871, bibl. d’Angers), se lisait sur une lame de cuivre dans l’église voisine des Carmes.

8. « La balustrade de la plate-forme du pavillon central, dit Mérimée, touche presque à celle des tours, et la bandeétroite de jour qui les sépare ressemble plutôt à une lézarde qu’à un intervalle laissé à dessein. » Notes d’un voyage dansl’Ouest de la France. 1836, p. 325.