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Tome III.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

trecroisent que des nervures prismatiques. Nous ne parlons pas des doubleauxtracés suivant une courbe brisée, non plus que des arcs semblables bandés autourdes fenêtres.

Du reste, Charles du Plessis et Louise de Montfaucon, dont les armes et lemonogramme se trouvent semés partout \ n’auraient pas attendu leurs vieux jourspour entreprendre une œuvre aussi considérable. Il faut se souvenir de l’époqueà laquelle ils ont été mariés, voir de combien d’années la date de 1500 a puraisonnablement être dépassée. En réalité, la vraisemblance historique se trouveparfaitement d’accord avec les renseignements fournis par le monument, et lapremière pierre ne peut avoir été posée après 1512 ou 151 y.

La chapelle entrait pour une partie dans le système de défense du château;aussi, du côté sud et tout autour de l’abside, le haut des murs, jadis à découvert,porte-t-il en encorbellement un chemin de ronde crénelé. La forte saillie d’unesorte de tour carrée à deux étages, qui renfermait, au-dessus de l’oratoire destinéau seigneur et à sa famille, la chambre dite du trésor 3 , ajoutait encore à cet aspectimposant. On pouvait, d’ailleurs, ainsi plus facilement protéger les abords del’abside où il avait bien fallu ouvrir trois grandes baies, tandis que tout le restedes parties exposées ne présentait qu’une haute muraille pleine dont la sévéritéétait à peine atténuée par un semis de taus, en souvenir, dit-on, de la protec-tion accordée par la châtelaine à l’ordre hospitalier de Saint-Antoine L

La chapelle de la Bourgonnière, avec son caractère mixte dont la rareté estextrême, surtout au xvi e siècle, ne laisse pas d’offrir un grand intérêt. Mais onoublie bien vite les particularités de l’extérieur lorsqu’on se trouve en présencede la singulière figure de Christ qui se détache, au dedans, sur une fresque àdemi effacée 4 dans le riche encadrement d’un retable d’autel. De ce côté des Alpes,rien de semblable n’existe ailleurs, croyons-nous, et il faut supposer que Charlesdu Plessis, en faisant reproduire dans sa chapelle le Saint-Voult de Lucques, a

1. La famille du Plessis, une des plus anciennes de l’Anjou, portait déa\ur à un écu d'argent accompagné de huitcoquilles du même en orle. Dans l’examen de la chapelle, il ne faut tenir aucun compte des vantaux sculptés qui fermentl’entrée principale. Les écussons figurés à la partie supérieure (Saint-Pern et Cornulier) appartiennent au père et à la meredu propriétaire actuel.

2. Par trésor il faut surtout entendre ici les archives de la chapelle. La pièce, jadis surmontée d’une terrasse, étaitchauffée par une vaste cheminée dont le tuyau, d’une grande hauteur et d’une rare élégance, porte une couronne de clochetons.

3. A droite de la façade, c’est-à-dire à l’angle sud-ouesc, se dresse une tour très élevée, mais d’un faible diamètre,contre laquelle venait buter le mur d’enceinte. Cette tour, carrée jusqu’au second étage, passe ensuite au rond, puis al’octogone. La coupole qui la surmonte étale sur ses arêtes des crosses végétales, comme le clocher nord de la cathédralede Tours, terminé, on le sait, en 1507. Des crosses semblables se voient aux rampants du pignon dont la hauteur paraitd’autant plus considérable que sa base, placée en arrière d’une galerie, présente moins de largeur.

4. Au-dessus des bras de la croix, deux anges flottant dans un ciel bleu tiennent divers instruments de la Passion.En bas, du côté le plus noble, c’est-à-dire à la droite du Christ, le patron de Charles du Plessis, l’empereur Charlemagne,nu-tête, l’épée haute; à sa gauche, le patron de Louise de Montfaucon, saint Louis, en grand costume royal.