L’ANJOU.
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valent pas au delà de dix-huit livres sept sols quatre deniers 1 , est loin de setrouver là tout entier et l’on ne peut guère le juger que sur des parties en quelquesorte secondaires 2 .
Les travaux de la cathédrale n’absorbaient pas tellement Jean de Lespinequ’il ne pût, dans le même temps, donner ses soins à d’autres édifices. C’est ainsique, d’une part, les comptes nous le montrent, durant les années 1536 et 1537,occupé à reconstruire différents bâtiments de l'hôpital Saint-Jean 3 ; que, de l’autre,des comparaisons attentives et des rapprochements sérieux font reconnaître sa maindans les trois clochers qui, aux Rosiers 4 , à la Trinité d’Angers et à Beaufort-en-Vallée, ont été respectivement achevés en 1538, 1340 et 1342 U Tout autrearchitecte n’aurait pu à ce point deviner la pensée du maître, adopter samanière et reproduire ses inspirations. L’amortissement en coupole et la substi-tution d’une lanterne à la flèche habituellement découpée sur le ciel sont loin deconstituer les véritables caractères de la construction. Elle se distingue surtout,avant le passage à l’octogone, par un haut étage quadrangulaire que maintientcomme dans une armature tout l’appareil classique. Non seulement les colonnesdressées sur le flanc des baies sont cannelées et rudentées, mais l’architrave au-dessusétale les trois fasces chères à l’ordre corinthien, la frise s’enrichit de têtes saillanteset la corniche repose sur des modillons.
On a voulu également voir une œuvre de Jean de Lespine dans la jolie cha-pelle de la Bourgonnière, entre Saint-Florent-le-Vieil et Champtoceaux. Maispareille opinion est insoutenable. L’édifice, qui a été bâti d’un seul jet, se trouvaitcertainement terminé avant 1325, c’est-à-dire à une date où l’architecte misen cause entrait à peine dans un atelier. Du côté du midi, une petite porte estencore surmontée de l’accolade et toute son ornementation rappelle le règne deLouis XII. En outre, à l’intérieur, les voûtes qui sont d’une grande richesse, dontles pendentifs chargés d’écussons atteignent le chiffre de sept par travée 6 , n’en-
1. Registres de la fabrique, loc. cit.
2. Une inscription en lettres gothiques, coupée par des têtes à barbe feuillagée, se voit dans la frise, au-dessus desstatues. Elle se termine par la date finale des travaux et est ainsi conçue : Va pacem dominum (sic) diebus nostris et dissipagêtes q bella volutit , 1540.
3. Sur la rive droite de la Maine, près de l’abbaye du Ronceray. « A Jehan de Lespine, maistre maczon, pour avoirfaict tout a neuf l’arche et muraille du cousté des cloistres qui estoient en caducité, aussi pour avoir faict la cuisine, laviz, la gallerie, la grant porte du cloistre et la chambre et cabinet voûté, où sont les lettres, titres et enseignemens dud.prieuré, etc., a été payé par led. prieur, comme apperc par quictances dud. de Lespine, la somme de mil xn. vm s.Arch. de Maine-et-Loire , HDE 69; C. Port, Artistes angevins, p. 196. La partie du cloître dont il est question dans lecompte ci-dessus existe encore. Quant au chartrier, il a été démoli en 1875.
4. Gros bourg en face de Gennes, sur la rive droite de la Loire.
5. Les deux premières dates se lisent sur les monuments eux-mêmes; quant à la dernière, elle est affirmée par un document.
6. La chapelle, terminée par un chœur à trois pans coupés, comprend quatre travées. Nous avons donc la un totalde vingt-huit écussons, auxquels il faut ajouter ceux figurés sur une sorte de bouclier à la clef de chaque arc-doubleau.