LA RENAISSANCE EN FRANCE.
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participant au drame de la Passion, et nous ne saurions être surpris que, dansune ville d’Italie, au vm e , pour justifier certaines dérogations à la coutume,on ait invoqué une aussi illustre origine 1 . Ce qui attirait le plus l’attention,néanmoins, comme la longue robe, les chaussures et la couronne royale, étaitloin de constituer le fond du programme. Dans l’idée des novateurs, toutetrace extérieure de souffrance devait disparaître, et le Christ, simplement adosséau bois de la croix, tenait la tête haute, le corps droit et, non encore mort,mais parfaitement vivant, symbolisait son dernier sacrifice plutôt qu’il n’enoffrait le véritable spectacle.
Le Christ de la Bourgonnière présente encore un autre genre d’intérêt.Au milieu du xvi e siècle, c’est une œuvre qui, par bien des côtés, rappelle letemps de saint Louis. Dans ses recherches d’archaïsme, l’artiste, avec quelqueraison, s’est arrêté à l’une des belles époques de la statuaire. Si les donnéesgénérales lui étaient imposées, dans la manière de traduire chaque détail ilrecouvrait sa liberté; surtout, rien ne l’empêchait, relativement aux traits duvisage, de poursuivre un nouvel idéal. En pleine Renaissance, par suite de cir-constances exceptionnelles, le moyen âge se trouve donc un instant ramené à flot.Du reste, il faut bien le dire, les efforts tentés de la sorte sont ceux qui ont lemieux réussi et, sous aucun rapport, on ne saurait comparer au grand Christdont nous parlons 2 les statues rangées, du côté est, au-dessus d’un retable 3 .
Le xvi e siècle, comme toutes les grandes époques de l’art, avait un goûtprononcé pour la couleur. Non seulement à l’intérieur, mais encore à l’extérieur,le peintre en bien des cas était appelé, dans la décoration des édifices, à devenirl’auxiliaire du sculpteur. L’examen auquel nous nous sommes livré récemmentdes statues qui, à la cathédrale de Tours, s’enlèvent sur le dernier étage quadran-gulaire du clocher méridional, ne laisse aucun doute sur ce point. Toutes lesparties préservées des atteintes de la pluie sont demeurées intactes, et l’on peutfacilement, en imagination, reconstituer l’ancien état. Les données, dans la cir-constance, présentent autant de certitude que celles révélées au dedans par lesécaillures du badigeon. Car, nous avons à peine besoin de le rappeler, sous l’in-fluence d’idées nouvelles, presque partout, au cours du siècle dernier, les brillantescouleurs qui relevaient si agréablement retables et clefs de voûte, en même tempsque certains tombeaux, furent revêtues d’une couche blanche uniforme. On cite
1. Suivant la tradition, le crucifix de Lucques aurait été découvert miraculeusement en 782.
2. Le Christ, en y comprenant la tablette sur laquelle reposent ses pieds, mesure 2 m , 66. Les bras tendus horizonta-lement présentent un développement de 2 m , 40.
3. Elles sont aunombre de trois : la Vierge mère, saint Antoine et saint Sébastien.