L’ANJOU.
ï 9 i
les monuments qui ont échappé à cette étrange manie, et nous ne croyons pasnous tromper en disant que la chapelle de la Bourgonnière, à l’heure actuelle,offre l’exemple le plus complet d’un genre de décoration, sinon précisémentremarquable comme détails, du moins extrêmement riche et harmonieux dansl’ensemble. Tout ce qui est sculpture, soit autour du Christ, soit en d’autresendroits, a reçu une décoration polychrome où dominent le bleu, le rouge et l’or.On ne peut guère établir derapprochements qu’avec le beautombeau de René II, duc deLorraine, aux Cordeliers deNancy. Des deux parts, dans lechoix des couleurs et la manièrede les appliquer, l’esprit est lemême. Nous avons là les rensei-gnements les plus certains surune importante manifestation dusentiment artistique aux environsde l’année 1520 1 .
A la cathédrale d’Angers, letombeau de Jean Olivier, quisuccéda sur le siège épiscopal àFrançois de Rohan 2 , présenteégalement des traces de peinture.
L’architecte, en entrant danscette voie, a trouvé le moyen dedonner plus d’harmonie à un monument où, en même temps que la pierre blanche,on avait employé des marbres de diverses couleurs. Ajoutons que, suivant un dessinde Gaignières, commenté par Bruneau de Tartifume 3 , le prélat déjà représenté engisant au-dessus du sarcophage s’était fait peindre au fond de l’enfeu. Il figuraitainsi deux fois au milieu des sages, philosophes ou poètes dont les médaillonsdécoraient les deux pilastres latéraux. Tous étaient accompagnés de légendesrelatives à l’immortalité de l’âme, et l’on pouvait constater avec bonheur quel’accord le plus complet, sur un sujet aussi important, régnait entre Moïse,
x. René II de Lorraine est mort en 1508 et son tombeau n’a guère du être terminé qu’une dizaine d’annéesplus tard.
2. En 1532.
3. P. de Farcy, Notices archéologiques sur les tombeaux des évêques d’Angers } 1877, p. 39 et suiv.
T'èSîi
m S'il
CHRIST DE LA BOURGONNIERE
•ÆiS&SiÙÊV.