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Tome III.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

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de vingt-deux mètres de long sur six de profondeur 1 , a été construit de 15^ ^1565 par un architecte du pays 2 3 . Les lignes en sont bonnes et chaque partieprise à part ne présente rien de banal; mais la main qui a tenu le ciseau étaitlourde et maladroite, elle a gâté une œuvre qui, mieux exécutée, eût mérité defigurer au premier rang.

Les sculpteurs véritablement distingués ne faisaient cependant pas défaut enAnjou, ainsi qu’on a pu le voir par plusieurs exemples déjà cités. Pour les trou-ver il suffisait de les chercher, et c’est ce qu’a fait heureusement le seigneur deMontsoreau lorsque, vers 1540, il a voulu doter son château d’un second esca-lier L Rien de charmant comme les ornements semés de la base au sommet surl’un des pans coupés de la tour en saillie dans un angle rentrant. Le sculpteur amême traité avec esprit un petit bas-relief demeuré inexpliqué jusqu’ici, parce quetous ceux qui ont porté de ce côté leur attention se sont entêtés à lire en latinune inscription visiblement écrite en français 4 5 . Il n’y a pas et ne saurait y avoirFERAM FERAM, c’esûà-dire des mots sans signification aucune, vu l’état dusujet placé sous nos yeux, mais sur la banderole qui se déroule à la partie supé-rieure figure seulement la réponse à un défi facile à deviner. Un singe, en effet,s’efforce, à gauche, de hisser, au moyen d’une corde enroulée sur une poulie, unénorme tonneau. Les difficultés sont grandes et il ne semble pas que l’on puisse entriompher; aussi, un second singe, à droite, armé d’un fouet, qui s’amuse à frap-per le tonneau, comme pour aider à l’ascension, tandis qu’un troisième, pluspetit, est grimpé dessus, dit-il au premier : « Quoi que tu fasses, tu n’arriveras pasau but, tu ne le feras pas. » L’autre, dont l’amour-propre se trouve excité, répond,comme il est naturel : « Tu vas voir que tu te trompes, IE LE FERAY A »

Certains châteaux sont évidemment difficiles à analyser. Il faut, pour serendre compte des changements opérés à différentes époques, en même temps quedes connaissances spéciales, une grande habitude d’observation. Cependant, sem-

1. Non compris les tours, qui ont un peu plus de cinq mètres de diamètre.

2. Une fenêtre du pignon gauche porte un écu d'argent semé d'étoiles d'or, au lion d'dpur brochant sur le tout, qui estde Mareiloude Marvil, suivant Denais dans son Armorial général de l’Anjou, 1881. Cette famille serait demeurée en po-session de Landifer jusqu'en 1580.

3. Le château était, à cette date, à peu près vieux d’un siècle, car, suivant des documents publiés en 1879, saconstruction s’achevait en 1455. Cf. Bulletin monumental, t. XLV, p. 507-511.

4. Baron de Wismes, le Maine et l'Anjou. — Célesdn Port, Dictionnaire, etc v . t. II, p. 335.

5. Un second bas-relief, au-dessous de la balustrade formée de deux rangs de disques à fond d’ardoise, représenteune biche au repos dans une forêt. C’est à cet animal, suivant M. de Wismes [op. cil .), que se serait rapportée la fausseinscription indiquéeplus haut. Enfin les armoiries du seigneur, également dans un endroit très apparent, étaient surmontéesd’une devise aujourd’hui incomplète. Il n’est plus possible de lire que les deux mots : CHAMBES CRIE... Le châteaude Montsoreau, on le sait, de 1445 à 1664, fut la propriété de la famille de Chambes qui a attaché son nom à toutes lesparties de la construction.