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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
Plesseis, et noble Jehan Rohault, escuyer, seigneur de la Rousselière, ou pais dePoictou » prirent soin de faire élever à « révèrent père en Dieu, monsieur LoysRohault, quand vivoit evesque de Malezais 1 ». On ne croyait pas pouvoir mieuxfaire que de suivre l’exemple donné par le roi, et la partie la plus reculée de laprovince se trouvait ainsi posséder de bonne heure deux œuvres pleines de pro-messes.
Du reste, au centre de la même contrée, dans la petite ville de Fontenay-le-Comte, l’esprit de curiosité commençait déjà à s’éveiller. Avec une ardeur in-croyable on se portait vers l’étude de l’antiquité, opposant, comme Pierre Brissot,Hippocrate et Galien à Avicenne et Rasis 2 , ou cherchant, comme André Tira-queau, sur quels principes les lois étaient assises 3 . Contrairement à l’opinion émisepar un récent historien 4 , si le long séjour de Rabelais chez les Cordeliers (1511-15 24) a pu activer le mouvement, il ne l’a pas fait naître. Les deux savants quiprécèdent, pour n’en pas citer d’autres, loin d’attendre qu’on leur donnât le goûtdes recherches et des investigations, s’étaient depuis longtemps lancés dans lacarrièreEux seuls avaient mérité à l’humble capitale du bas Poitou les glo-rieuses armoiries qui lui furent octroyées en 1540 et où l’on voyait figurer unefontaine d’or avec la devise : felicivm ingeniorvm scatvrigo 6 .
Naturellement un pareil état de choses devait être très favorable aux arts.Fontenay-le-Comte se transforma peu à peu, et bien que le temps ait beaucoupdétruit, on retrouve encore aujourd’hui des constructions élevées par Liénardde la Réau, Jean Morisson et Lucas Bienvenu, trois architectes du pays. Car, ilest bon de le répéter, à l’époque de la Renaissance, presque chaque ville étaitcapable de se suffire à elle-même. Les talents se développaient pour ainsi dire surplace et ce n’est pas là une des moindres causes de leur originalité. Avant tout,dans la recherche des auteurs de telle ou telle œuvre remarquable, le devoirsemble donc de regarder autour de soi. Mais si, au lieu d’entrer dans cette voie,on se décide à évoquer des noms étrangers, au moins faut-il tenir compte desfaits établis, ne pas renverser l’ordre des dates, ni fonder ses appréciations sur desrapprochements sans valeur.
1. Maillezais, près Fontenay-le-Comte. Benjamin Fillon, Documents relatif s aux œuvres de Michel Colombe , 1865, p. 3 -
2. Dreux-Duradier, Histoire littéraire du Poitou, t. I e1 ', p. 305.
3. Id. : t. II, p. 361.
4. Benjamin Fillon, Recherches historiques et archéologiques sur Fontenay-le-Comte , t. I er , p., 104.
5. Le plus savant traité d’André Tiraqueau, par exemple, celui dont la préparation a dû demander le plus de temps:De legibus connubialibus et de jure tnariti , a été publié suivant les uns en 1513, suivant les autres en 15 1 5 -
6. La magnifique éclosion intellectuelle qui avait signalé la première moitié duxvi e siècle, se renouvela encore durantla seconde. C’est alors que brillèrent à la fois le mathématicien François Viète, le jurisconsulte Barnabé Brisson, 1 auteurde la Vénerie , Jacques du Fouilloux, et l’un des poètes de la Satire Ménippée. Nicolas Rapin.