LE POITOU.
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de Louis II de la Trémoïlle, vicomte de Thouars % comme pour le second debraver le connétable de Bourbon, depuis peu duc de Châtellerault 2 . L’anciengouverneur de François I er et celui que Brantôme appelle un « glorieux mi-gnon ^ » jugeaient que leur temps était venu, que la faveur dont ils faisaient
un si criant abus les élevait même au-dessus des princes
les plus
puissants 4 .
Tout le monde a entendu parler d’Hélène de Hangest, cette veuve incon-solable dont le nom demeure attaché aux plus belles parties de la collégialed’Oiron >. La même célébrité devrait presque s’attacher à Gabrielle de Bourbon 6qui appela à Thouars des artistes en tout genre 7 et fit entièrement renouvelerla chapelle du château. En outre, bien que l’on soit moins fixé sur les limites deleur action, il faut citer Jacqueline de Longwy 8 à Champigny 9 et Blanched’Aumont 10 à Javarzay ". Plus que dans aucune autre province l’élément féminina donc tenu une grande place en Poitou à l’époque de la Renaissance, et cetteconstatation ne laisse pas de présenter un intérêt tout particulier.
i. M. de Chergé (Notice historique sur Oiron, apud Mémoires des Antiquaires de VOuest, 1840, p. 188) croit trouver
dans des dates relativement assez récentes (1546, 1548 et 1550), inscrites en différents endroits, la preuve que le château futcommencé non par Artus GoufEer, mais par son fils Claude. C’est trop oublier que les voûtes de la galerie, à gauche de lacour, sont postérieures de vingt ans aux murs sur lesquels elles reposent. Après la mort d’Hélène de Hangest (1537) qui, laissée
libre d’agir à sa guise, ne s’était occupée que de la collégiale, Claude fit reprendre les travaux suspendus depuis 1519.
2. Par la mort de son frère François. Brantôme est très précis sur les motifs qui déterminèrent Bonnivet à fairebâtir son château « à la veue de Chastelleraut ». Il s’agissait de « dominer la maison de M. de Bourbon qui ne sembloit
qu’un petit nid auprès ». Vies des hommes illustres.
3. Op. ait.
4. François I er , au lieu de chercher à calmer les inimitiés que faisait naître un pareil état de choses, contribuaitsouvent par ses paroles à les aviver encore. C’est ainsi que, dans les derniers mois de 1519, ayant entraîné le connétableà Bonnivet, il lui demanda tout à coup son sentiment sur cette fastueuse habitation : « Je n’y vois qu’un défaut, dit leprince, la cage est trop grande pour l’oiseau. — Probablement, reprit son interlocuteur, l’envie vous fait parler ainsi. —Moi, jaloux! répondit Bourbon. Comment pourrais-je l’être d’un homme dont les ancêtres tenaient à honneur d’être lesécuyers des miens. »
5. Benjamin Fillon, en attribuant à Hélène de Hangest l’inspiration des célèbres faïences dites d’Oiron ou de Henri II(le mot poteries serait préférable, car chaque pièce est recouverte non d’un émail stannifère, mais d’un vernis plombeux),a surtout contribué à la réputation dont nous parlons. Il n’y avait rien de vrai, cependant, dans les suppositions émises parle regretté archéologue poitevin, et M. E. Bonnaffé vient de démontrer que le lieu de fabrication si longtemps cherchéétait le petit village de Saint-Porchaire, à 4 kilomètres de Bressuire. Les armoiries figurées sur les pièces de la premièrepériode appartiennent — ce qui est très significatif — soit aux Laval-Montmorency, seigneurs de Bressuire, soit auxMalestroit leurs alliés, soit aux La Trémoïlle. Nulle part ne se montrent celles des GoufEer. Quant aux G semés surune buire, ils rappellent le prénom de Gilles de Laval-Montmorency, et non pas, contrairement à toutes les règles, le nomde famille des seigneurs d’Oiron. Cf. Inventaire de François de la Trémoïlle, etc., 1887, p. 113-120. — Lettre à M. LéonPalustre, dans la Revue Poitevine et Saintongeaise, n° 49. — Galette des Beaux-Arts, avril 1888.
6. Femme de Louis II de la Trémoïlle.
7. Notamment le sculpteur Benoist Bomberault et le peintre verrier Pierre de Lapostolle.
8. Femme de Louis II de Bourbon-Montpensier.
9. Cette localité, aujourd’hui dans le département d’Indre-et-Loire, faisait anciennement partie du Poitou.
10. Femme de François de Rochechouart.
11. Près Chef-Boutonne (Deux-Sèvres).
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