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Tome III.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

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I

Rien n’est plus rare qu’un monument religieux entièrement construit suivantles principes de la Renaissance. Et la chose s’explique facilement, car on ne voulaitpas renoncer à la légèreté et à rélancement qui donnent tant de charme à l’ar-chitecture gothique. Sans aucun doute ces résistances prendraient fin tôt outard ; mais, en attendant, il fallait se contenter de concessions partielles et neportant, pour ainsi dire, que sur les détails. La nouvelle période de transitionse développait en sens inverse de la précédente, et l’arc brisé ne devait abandonnerqu’en dernier lieu les hautes régions des voûtes, c’est-à-dire justement ce qu’ilavait occupé tout d'abord.

Du reste, quel que soit le pays où elle se produise, la transformation estloin de suivre un cours régulier. Bien des années, en apparence, peuvent séparerdeux monuments bâtis dans le même temps. Suivant son âge, ses aptitudes,son éducation, un architecte se cantonne dans les anciennes méthodes ou pra-tique au contraire le système le plus avancé. Aussi doit-on apporter un grandsoin à l'interprétation des documents et maintenir les attributions fournies dansles limites qui leur conviennent. En général, tout changement de style indique unchangement de main, et quiconque, après avoir arrêté un plan, s’est donné lapeine d’en poursuivre assez loin l’exécution, a mille raisons pour ne pas brusque-ment rompre avec le passé et suivre une voie absolument nouvelle.

Ces réflexions, surtout dans leur dernière partie, nous ont été suggérées parl’étrange prétention de faire d’André Amy le seul architecte de la jolie chapelledu château, à Thouars L Sans se douter qu’il existât quelque part des piècesoù d’utiles renseignements eussent pu être puisés, que des remaniements fussentvisibles précisément dans les endroits servant de base à des conjectures tropfacilement émises, on s’est imaginé de présenter comme vrai ce qui n'avait pas seu-lement l’apparence du vraisemblable. Du reste, quand bien même il en serait

1. Chronique des arts , numéro du 12 janvier 1881.