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Tome III.
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LE POITOU.

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autrement, divers motifs s’opposeraient encore au rapprochement proposé entrela chapelle bâtie par Gabrielle de Bourbon et un château du midi de la France.A Thouars et à Montai 1 , la manière de faire est loin detre identique, et tandis que,dans le premier édifice, tout porte vers les bords de la Loire, c’est bien lagrande école du Languedoc qui triomphe dans le second.

Grâce à des documents parfaitement authentiques puisqu’ils émanent desarchives mêmes du château 2 , nous pouvons tout au moins, pour une période dedouze années, établir clairement comment les choses se sont passées. La dateinitiales de travaux, qui jusqu’à ce jour était demeurée incertaine, doit être fixéeau mois d’octobre 1503 et la vicomtesse de Thouars eut d’abord recours au talentd’un architecte nommé Jean Chahureau 3 . Mais celui-ci étant venu à mourir endécembre de l’année suivante, il fallut bien chercher ailleurs. André Amy, quitrès probablement habitait alors Saumur, où son père Philippe avait été chargé,en compagnie de trois autres sculpteurs, de « parachever » les stalles de l’égliseSaint-Pierre 4 , reçut des propositions, accepta de continuer et finalement se mità l’œuvre au mois de mars 1505. Sous cette nouvelle direction les travauxdevaient marcher assez vite. Le marché passé entre Gabrielle de Bourbonet « Pierre de Lapostolle, vitrier demourant à Chandenier 5 , pour faczon desvitres de l’église Nostre-Dame du chasteau de Thouars », porte la date du18 mars 1510 6 . Quant à la sculpture du portail, elle n’a été exécutée qu’un peuplus tard, en 1515, par Benoît Bomberault et Jean Guilmet 7 .

Cette dernière constatation est très importante, car elle nous montre qu’àla date indiquée la Renaissance n’avait pas encore pénétré dans les chantiersouverts pour l’achèvement de la chapelle de Thouars. Pas un ornement qui nesente le gothique flamboyant et même avec la meilleure volonté du monde on

1. Près Figeac (Lot). Le désir de mettre un nom. sur le château de Montai, dont le dépècement a fait tant de bruiten 1880, semble seul cause de l’erreur que nous signalons.

2. Aujourd’hui entre les mains de M. le duc de la Trémoïlle. Nous avons donné une analyse de ces documents, àla suite de notre notice sur Thouars, dans les Monuments et paysages du Poitou, 1887, p. 21-24.

3. Compte de Jean Chahureau , maistre macion, des receptes et mises par luy faictes pour le bastiment de VegliseNostre-Dame depuis le lundi deuxieme d’octobre mil cinq cens et troys jusques au samedi XXIII e de mars ou dict an.

4. « A Philippe Amy, menuisier, pour avoir besongné à fairele cousté desd. chesres qui estoit imparfait, etc. Cf. Port,Artistes angevins , p. 248.

5. Champdeniers, chef-lieu du canton du département des Deux-Sèvres.

6. Ce marché a été publié in extenso par Benjamin Fillon dans Poitou et Vendée , art. Pierre de Lapostolle , peintre-verrier à Champdeniers , p. 1-2 (1865). Voir également sur les Lapostolle Léo Desaivre : Les premiers Rochechouart-Chande-nier. Construction du chevet de l’église. La verrerie des Lapostolle apud Bulletins de la société de statistique des Deux-S'evres , t. IV, avril-juin 1880, p. 301-308.

7. Le premier recevait six sous par jour et le second 4sous. Voir, sur Benoist Bomberault, un article de M. A. de Mon-taiglon dans la Bibliothèque de l’École des chartes , 3 série, t. II, 1851, p. 264-278. Quant a Jean Guilmet, son nométait demeuré jusqu’ici inconnu.