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Tome III.
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LE POITOU.

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présence de certains petits bas-reliefs, vraisemblablement imités de plaquettesitaliennes J , qui figurent sur le cadre en pierre d’un tableau de saint Jérôme,au fond de l’oratoire achevé en dernier lieu, permet de pousser un peu plusloin 1 2 3 . Nous retrouvons, en effet, à la Sainte-Chapelle de Champigny plu-sieurs des sujets représentés et, comme les nombreux rapprochements offertsdes deux côtés par l’ornementation générale viennent encore corroborer unindice déjà si significatif, il ne paraît pas douteux que Claude Gouffier n’aitprofité d’un temps d’arrêt dans les travaux des Montpensier pour s’attacherl’artiste dont il avait besoin. La collégiale d’Oiron, qui était commencée depuisplus d’un quart de siècle, put ainsi marcher avec rapidité vers son completachèvement. En 1540, le grand portail restait seul à exécuter 4 . Mais cettedernière œuvre ne mérite guère attention, tant les dispositions adoptées sontdéfectueuses. La disproportion qui existe entre la largeur et la hauteur choquetout particulièrement. En agissant comme on l’a fait, on n’est arrivé qu’àécraser deux mesquines entrées sous une arcade fort inutile, car la rosacedécoupée dans le fond, bien que du même temps, se trouve avec elle dans uneparfaite indépendance.

Après avoir fait connaître les différentes phases par lesquelles est passée laconstruction de la collégiale d’Oiron, peut-être devrions-nous entrer danscertains détails relativement aux parties les plus remarquables. Mais outre quecela entraînerait trop loin, il est difficile sans le secours du dessin de bien mon-trer toute la richesse d’ornementation étalée, par exemple, au-dessus de l’entréedes deux oratoires. Evidemment l’artiste, en arrangeant sa composition, songeaitaux magnifiques dais qui, dans le chœur de quelques églises, abritent les stalles.C’est ce qui explique, d’une part, la découpure de l’arcade en deux cintresréunis par un pendentif, de l’autre, la hauteur et la forme du couronnement.

1. Les deux intéressants volumes publiés par M. E. Molinier (Catalogue raisonné des plaquettes, Paris, Rouam,1886) ne renferment rien à ce sujet. Il est vrai que dans un pareil ouvrage, on ne peut jamais se flatter d’être complet.

2. La planche deM. Sadoux, exécutée d’après les moulages que nous avions eu soin de faire prendre, reproduit tousles sujets figurés à Oiron; en voici la description : i° jeune homme debout et nu, regardant à gauche d’un air inquiec.Il déploie devant lui une longue draperie et tient le pied droit élevé au-dessus d’un brasier; 2° deux hommes nus quiluttent à forces inégales ; 3 0 homme debout tenant de la main droite levée un fouet dont il menace un enfant. Tous lesdeux sont nus. Draperie jetée diagonalement en avant de l’homme; 4° enfant nu, armé d’un bouclier triangulaire et regar-dant derrière lui, monté sur un lévrier ; 5° homme debout, vêtu d’un simple pagne, cheveux épais, tenant dans sa droitequelque chose qui ressemble au foudre de Jupiter, dans sa gauche une sorte de broc à couvercle, analogue aux pichets enétain dont on se servait comme mesures; 6° Amour courant armé d’un long bâton. Ses regards, portés en arrière, indiquentqu’il est poursuivi ; 7 0 femme nue, debout, soutenant de la gauche une draperie qui ondule devant elle et se relève sur lebras droit. Trois épis dans la main droite.

3. Cette interruption dura environ une dizaine d’années, de 1536 à 1546.

4. L’arcade au-dessus du sacraire porte la date de 1539; celle de 1540 se lit à la partie supérieure de la petiteporte nord et sur le cadre du tableau de saint Jérôme.