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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
A Oiron, ainsi que nous lavons dit précédemment \ l’ornement le pluscaractéristique consiste en guirlandes de pavots assez singulièrement composées,car les fleurs, au lieu d’être liées ensemble, paraissent sortir les unes des autres.Ce simple détail permet de supposer que François Cherpentier, comme AndréAmy, était d’origine angevine. Il aurait travaillé d’abord pour Guy Leclerc, abbédelà Roë, au château de Saint-Ouen, et de là serait venu, vers 1516, se mettreau service de l’amiral de Bonnivet 1 2 . La signature en forme de rébus qui nous
a été si utile n’est pas la seule manière de recon-naître un artiste dont tout l’Ouest aura raison d’êtrefier désormais.
En général, les seigneurs qui faisaient bâtir uneéglise ou un château se contentaient de semer par-tout la première lettre de leur nom. Mais, dans lacollégiale d’Oiron, du moins pour la partie élevéeantérieurement à 1537, nous sommes en présencede véritables monogrammes ; toutes les lettres dunom d’Artus figurent en pendant de celles du nomd’Hélène, car la veuve inconsolable n’a pas vouluqu’aux yeux de la postérité le souvenir de son marifût séparé du sien. Du reste, on est arrivé par làà obtenir une ornementation très élégante et lesartistes employés pour Claude Gouffier eussent bien dû dans la suite suivre cetexemple 3 .
Nous ne devons pas oublier de signaler également l’habile manière aveclaquelle ont été composées les clefs de voûte. En apparence, il y a entre ellesbeaucoup de ressemblance puisque toutes présentent des armoiries dans leurmilieu. Mais les supports et l’entourage varient à l’infini. Parmi les plus belleset les plus originales, il faut citer celles destinées à rappeler la mémoire dedeux frères d’Artus, l’amiral de Bonnivet et le cardinal de Boisy. Dans lapremière l’écu se détache sur quatre ancres opposées deux à deux, tandis quedans la seconde les rangs de houppes du chapeau forment un réseau quigarnit les vides mal remplis par les anges servant de tenants. Et tout cela
1. P. 155.
2. Et non du grand écuyer (Claude Gouffier), comme il a été dit plus haut. L’itinéraire de François Cherpentierest maintenant parfaitement fixé.
3. Ils se sont contentés seulement (oratoire de Saint-Jérôme et autel du transept sud) d’enlacer des C et des I. La premièrefemme de Claude Gouffier, qui était alors vivante, s’appelait Jacqueline delà Trémoïlle.
Piilkiiïski
» il 11
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MONOGRAMME
D ARTUS GOUFFIER