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Tome III.
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LE POITOU.

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quoi nous en tenir sur ce point. Les premiers sont partout cc faitz à l’anticque »et la partie en cul de four de chacune des dernières figure « une belle coquille 1 »Quant aux statuettes qui nécessitaient cet arrangement, elles représentaientici « les douze appoustres », là « des plorans », plus loin « des petiz anges por-tant les armes du gisant, chascun un baston en la main 2 3 ». Autant que possible,le sculpteur avait mis de la variété dans la seule partie susceptible d’en recevoir;car, il ne faut pas l’oublier, au point de vue des dispositions générales, noussommes toujours en plein moyen âge. Chaque tombeau, long de sept pieds ethaut de trois, mais d’une largeur proportionnée au nombre des « grans person-nages » qu’il est appelé à supporter, se compose d’un massif rectangulaire où lemarbre noir réservé pour le soubassement et la tablette supérieure fait valoirles différentes sculptures. On dirait un lit de parade, une sorte d’exposition per-manente, et le souvenir se trouve ainsi conservé de ce qui frappa les regardsdurant les jours écoulés entre la mort et les obsèques b

Du reste, pour bien se rendre compte des tombeaux de Thouars, il suffit devoir ceux d’Oiron, qui, sur des proportions plus grandes 4 , reproduisent le mêmemodèle. Les Gouffier ne se contentaient pas d’imiter les La Trémoïlle, ils voulaientencore les surpasser. Entre les deux familles, c’était une lutte dont les arts heu-reusement ont tiré grand profit. Hélène de Hangest ne pouvant pas, comme ellel’avait fait pour Cherpentier, appeler auprès d’elle Martin Cloistre, mort, nousle savons, en 1$ 24, s’adressa au maître qui jouissait alors de la réputation la plusconsidérable, grâce au monument dont il venait de doter Saint-Denis. Du moinsla chose semble-t-elle résulter du rapprochement établi entre le caractère de lasculpture et un document déjà plusieurs fois publié.

Ce dernier, daté de 1559, nous dit, en effet, que le double tombeau de

1. Les pilastres du tombeau de Louis de la Trémoïlle et de Gabrielle de Bourbon, à côté de candélabres élégants,étalent des L, des G, des roues et des têtes de morts, en même temps que tous les instruments de la Passion. Sur le tombeaudu prince de Talmont, au contraire, on ne voit que des losanges et des disques, et sur celui du cardinal Jean de simplescannelures.

2. A la Motte-Feuilly (Indre), la même place était occupée par les « sept vertuz, en chascun cousté troys et au bot duhault une, là où sera escript une épitaphe, et au bot d’ambas les armes de la duchesse de Valentinoys ». Marché pour letombeau de Charlotte d'Albret.

3. Le tombeau principal, celui où, suivant le marché, « seront deux grans personnaiges gisans, de cinq pieds et demychascun, homme et femme, à la figure de mondit seigneur de la Trémoïlle et de madame sa femme » (Louis II et Gabriellede Bourbon), occupait le centre de la chapelle, en avant de l’autel. Le vicomte de Thouars était représenté « armé » commeson fils, bien que nulle mention ne soit faite à cet égard. On se borne seulement a dire : « Et aux piedz des deux person-naiges mectera t’on chiens ou lyons, et soubz les testes à chascun ung carreau d’allebastre. » Le second tombeau, destiné aperpétuer la mémoire du cardinal Jean, archevêque d’Auch, frère de Louis II, s'élevait du côté sud, près de la chapelle ditedes Morts. Quant au troisième, qui, après réflexion, avait été élargi pour donner place à Louise de Coëtivy, veuve du princede Talmont, il se voyait dans le bas côté nord.

4. Le tombeau d’Artus Gouffier et celui de Philippe de Montmorency sa mère mesurent chacun 3" 1 ,15 de longueur,i m ,25 de largeur et i"',23 de hauteur.

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