LE POITOU.
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autour du cardinal de Boisy et des autres ecclésiastiques, qu’objets servant auculte. Enfin, du côté des femmes, apparaissent des quenouilles, des dévidoirs, desciseaux, tout ce qui caractérise une vie modeste. Si la vérité est demeurée jusqu’icivoilée, il faut avouer qu’on y a mis une certaine bonne volonté. Jean Juste etses collaborateurs ne pouvaient plus clairement faire connaître leur pensée.
L’intérêt que présente l’ornementation du pourtour nous a fait quelque peunégliger les grandes statues couchées à la partie supérieure \ Cependant là semontre principalement le talent si plein de noblesse et de pureté du premierJean Juste. Dans ses longs vêtements drapés avec tant d’élégance, Philippe deMontmorency donne l’idée d’une illustre matrone. Quant à Artus Goufïier, s’ilporte toujours, suivant la mode du temps, une cotte à ses armes, sa tête, ainsi quenous l’avons déjà remarqué, débarrassée du heaume, repose directement sur unriche coussin. En dépit des mutilations qu’ils ont subies, ces marbres conserventleur beauté, et l’on ne peut les regarder longtemps sans éprouver une sensation decharme indéfinissable 3 .
Nous en aurions fini avec la collégiale d’Oiron si, au fond du transept nord,ne se trouvait, appliqué au mur, un quatrième tombeau, qui par sa simplicité con-traste singulièrement avec les précédents. Plus de niches au pourtour, mais desimples médaillons symboliques 3 se détachant en blanc sur un fond noir. Lastatue du défunt est, en outre, dans des proportions assez restreintes, car sa lon-gueur ne dépasse guère 1 m , 5 °. Claude Gouffier, il faut l’avouer, a fait les chosesà peu de frais, et son oncle, l’amiral de Bonnivet, quelques reproches qu’on puisselui adresser sur bien des points, méritait assurément mieux 4 . Hâtons-nous d’ajouterque si l’ensemble est mesquin, chaque partie, au point de vue de l’exécution, nelaisse pas d’être remarquable. Jean Juste le jeune, qui, très probablement,vers 1560, fut chargé de ce monument, a agi suivant les ressources à sa disposition*.
sculpteur, qui voulait surtout varier ses motifs de décoration, s’est cru autorisé à en prendre à son aise avec des abréviationsdont le sens, très probablement, lui échappait. Cf. A. de Montaiglon, op. cit., p. 564.
1. Chaque statue mesure 2 m ,io de longueur.
2. Comme les tombeaux de Thouars, ceux d’Oiron durent être embarqués sur la Loire et conduits à Candes, où deschariots, envoyés sans doute par le grand-écuyer, les attendaient pour effectuer la deuxième partie du trajet. (Cf. Chartrierde Thouars j p. 56.) Les deux localités sont dans la même région, et il n’y avait pas alors deux manières de faire voyagerdes masses aussi lourdes.
3. Au centre, un dauphin enroulé autour d’une ancre; sur les côtés, des serpents se mordant la queue. Ces derniers,dont les anneaux décrivent un cercle, sont censés symboliser l’éternité promise au défunt.
4. Cf. Brantôme, Hommes illustres. L’épitaphe gravée sur la tablette supérieure est ainsi conçue : ci • gist
MESSE • GVILLË • GOVFFIER • EN • SON - VIVAT • CHLR - DE • LORDRE ■ S r * DE • BONIVET • ET • CREVECOEVRGRAND • ADMIRAL • DE • FRACE • QUI • TRESPASSA • EN • LA ■ BATAILLE - DEVAT • PA VIE • LE • XXIX FEVRIER
1524 ( n . s. 1525).
5. Comme son frère, l’amiral est revêtu d’une cotte à ses armes (écartelé au i or et 4 e de Gouffier, au 2 e et 3 e deMontmorency).
ni
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