2J4
LA RENAISSANCE EN FRANCE.
III
Un document dont la connaissance est assez récente *, nous montre Fran-çois de Rochechouart et sa femme, Blanche d’Aumont, faisant appel au talentd’Alexandre Robin, architecte tourangeau, pour la reconstruction de leur châteaude Javarzay. Les travaux commencèrent en 1514 et, si l’on en juge par lesparties échappées à la destruction, le Poitou eut longtemps là un intéressantspécimen de l’époque de transition 1 2 .
Nous ne sommes pas aussi bien renseigné sur le château de Bonnivet, qui,par ses vastes proportions 3 et le fini de ses détails, pouvait être considéré à bondroit comme une des merveilles du xvi e siècle. A quel architecte s’adressa le tropcélèbre favori dont le nom est indissolublement lié au désastre de Pavie?François Cherpentier qui, suivant les explications données plus haut 4 , demeuralongtemps à Bonnivet avant d’aller imprimer un cachet tout nouveau aux deuxcollégiales de Thouars et d’Oiron, savait-il manier l’équerre en même tempsque le ciseau ? Nous n’oserions l’affirmer, bien que la chose semble très probable.Louis de la Trémoïlle et Hélène de Hangest n’ont pas dû avoir recours à deuxmains différentes pour des remaniements, en somme, assez peu considérables etqui s’opéraient les uns après les autres. Mais Guillaume Gouffier, dont les plansgigantesques réclamaient une prompte exécution, se trouvait dans l’impossibilitéd’agir avec des moyens aussi restreints. Il lui fallait ranger sous une directiongénérale un grand nombre d’artistes et, naturellement, réserver chacun d’euxpour le rôle le plus conforme à ses dispositions.
1. Docteur Giraudet, les Artistes tourangeaux } 1885, p. 350.
2. M. Beauchec-Filleau, dans ses Recherches historiques sur Chef-Boutonne (Niort, 1884, p. 183), ne fait remonterles remaniements opérés à Javarzay qu’au milieu du xvi c siècle. Suivant lui, une cheminée à rinceaux dont il présente ledessin, et qui se voyait naguère encore dans une auberge du voisinage, serait également de la même date. Des deux parts,cependant, on retrouve tous les caractères de la Renaissance à ses débuts et une pièce d’archives n’était pas absolumentnécessaire pour découvrir la vérité.
3. Quatre corps de bâtiments, appuyés, aux angles, sur d’énormes tours, circonscrivaient une cour carrée. La lon-gueur de chaque façade, extérieurement, était de cinquante mètres environ et trois étages se superposaient entre de vastessous-sols et une haute toiture a lucarnes.
4. P. 217.