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Tome III.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

sieurs pieds au-dessus du sol, à cause de l’humidité environnante L La principaleporte, du côté de la cour, a été remaniée au xvn e siècle, en même temps que toutl’intérieur. Celle donnant au contraire sur le jardin est demeurée intacte, etson ornementation, traitée avec beaucoup de délicatesse, serait mieux appréciée,si presque immédiatement au-dessus ne se montraient trois admirables lucarnes.Probablement quelque artiste redevenu libre, vers 1525, par la suspension destravaux de Bonnivet, aura pris le chemin de Coussay 1 2 .

A peu près vers le même temps où Claude Gouffier reprenait la continuationdu château d’Oiron, Jean d’Escoubleau, nouvellement mis en possession de laseigneurie de la Chapelle-Bellouin 3 , confisquée sur le chancelier GuillaumePoyet 4 5 , se laissait aller à un remaniement presque complet de l’une des plusvieilles forteresses du haut Poitou. Seulement, à l’exception de lenormebâtiment rectangulaire qui se dresse à l’entrée et dont l’aspect est quelque peusombre, bien que sur les côtés on ait pratiqué des fenêtres de grandes dimen-sions, tout est à l’état de ruine depuis l’époque de Richelieu. L’intérêt consisteprincipalement dans une série de voûtes divisées en caissons qui, à côté d’ar-moiries facilement reconnaissables présentent des monogrammes jusqu’ici

rebelles à toute explication 6 .

Un autre château, à Boisrogues 7 , ne se compose plus que d’une galeriesur portique, malheureusement privée de ses parties supérieures. Mais celasuffit pour apprécier le mérite de l’architecte qui très certainement était venudes bords de la Loire, à l’appel de Gilles Sanglier, seigneur du lieu. La plusnoble simplicité se trouve unie à une grande élégance, principalement aupremier étage où les pleins encadrés d’une double moulure forment tableaux

1. Le château est situé dans une partie basse de la plaine. Aussi a-t-il fallu creuser autour du jardin un largecanal dont un mur percé de meurtrières suit le bord intérieur.

2. Le château proprement dit ne présente pas seul des parties remarquables. Il faut signaler encore, au revers desconstructions disposées à l’entrée de la grande cour, un pavillon porté, au rez-de-chaussée, sur une arcade dont la face estcouverte des plus délicieuses arabesques.

3. Commune de Claunay, à l’est de Loudun.

4. Poyec fut arrêté en 1542, mais le jugement qui le condamna et permit en conséquence la confisca-tion de ses biens est postérieur de trois ans à cette date. Jean d’Escoubleau ne dut donc commencer le rema-niement dont nous parlons, qu’à la fin du règne de François I er , si même il n'a attendu pourse mettre à l’œuvre l’érection de la Chapelle-Bellouin en comté, par Henri II, en 1549.

5. Parti d'a\ur et de gueules, à la bande d’or brochant sur le tout, qui est d’Es-coubleau.

6. Nous donnons un dessin du monogramme répété à l’infini dans l’étroit passage quidivise en deux le rez-de-chaussée du bâtiment indiqué, aussi bien que dans les différentes piècessur les côtés.

Il est impossible de trouver là un rapport quelconque avec le nom de Jean d’Escoubleau, non plus qu’avec celuide sa femme, Antoinette de Brives.

7. Commune de Rossay, au sud-est de Loudun.