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Tome III.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

du château d’Apremont, cette noble résidence de l’amiral Chabot, aujourd’huiréduite à deux tours isolées, mais heureusement connue par un dessin de 1542,signé du nom de Jehan-Baptiste Florentin 1 . En effet, rien d’italien ne semontre dans les dispositions de l’ensemble et l’on serait bien obligé de con-clure à l’existence non d’un projet à exécuter, mais de la représentation d’unédifice déjà achevé 2 , quand bien même on ne se trouverait pas, d’autre part,aux prises avec certaines difficultés chronologiques. Philippe Chabot, après sadisgrâce, arrivée en 1540, n’a pu évidemment faire travailler à son château quidès lors est de plusieurs années antérieur à la date indiquée. Si nous ne noustrompons, la construction, commencée vers r^o, a été menée assez rapidementet, sans inconvénient, on peut en placer l’achèvement en 15^5 ou 1536.

Deux choses sont particulièrement à remarquer au château d’Apremont : lecouronnement des tours et la décoration de la façade, du côté de la rivière. Cettedernière consiste surtout en une sorte de haute frise qui, d’une extrémité à l’autre,vers le milieu de la hauteur, fait indéfiniment alterner des ancres et des écus-sons. Sauf au château de Chaumont, près Blois, rien de pareil ne s’était encoremontré 3 et déjà l’on peut entrevoir la contrée qui a fourni à l’amiral Chabotl’architecte dont il avait besoin. Mais à ce sujet tout prend de plus en plus uncorps lorsque, portant ses regards sur la partie supérieure des tours conservéesaux extrémités 4 5 , on aperçoit, au lieu de mâchicoulis, un balcon circulaire surconsoles, bordé de balustres à double renflement. Nulle imitation plus exactede ce qui couronne à Chambord le donjon J ne saurait être citée, et, commeil s’agit d’une disposition très caractéristique, la question se trouve facilementrésolue, non seulement en faveur d’un Français, mais encore d’un habitant desbords de la Loire.

Tout artiste véritablement digne de ce nom tient grand compte, dans l’exé-cution, de la distance à laquelle son œuvre sera placée, de l’angle sous lequel

1. Ce dessin, jadis eu possession de M. le baron de Wismes, fait partie aujourd’hui des collections de la Bibliothèquenationale. M. O. de Rochebrune en a donné une reproduction dans l’album qui accompagne Poitou et Vendée, par Ben-jamin Fillon.

2. La légende, au bas de la gravure, est ainsi conçue : Le château d’Aspremont y en d’après Jean-Baptiste Flo-

rentin , c’est-à-dire tel que l’a vu et dessiné, en 1542, Jean-Baptiste Florentin. Il n’y a là aucune indication relative aunom de l’architecte,

3. La partie du château de Chaumont, à laquelle nous faisons allusion, a été bâtie par le dernier des seigneursd’Amboise, tué, en 1525, à la bataille de Pavie. Un peu plus tard, le même motif de décoration se retrouve à Dampierre,Usson et Lonzac (Charente-Inférieure), Assier (Lot), etc.

4. Ces tours n’ont pas été, en effet, rebâties, mais simplement remaniées au xvi e siècle. Aussi se rattachent-elles assezmal au corps de bâtiment qu’elles accompagnent.

5. A Chambord, on donne le nom de donjon au bâtiment carré, flanqué d’une tour ronde à chaque angle, qui con-stitue la partie centrale du château.