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Tome III.
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LA RENAISSANCE EN FRANCE.

Après cela on ne s’étonnera pas que nous jugions avec quelque sévérité letransport au logis de Terre-Neuve, près Fontenay-le-Comte T , de toutes lesparties ornementées du château de Coulonges-les-Royaux. Vus à une distancebeaucoup moins considérable du sol, les caissons du grand escalier perdent sin-gulièrement de leur valeur. Ils ne sont plus à l’échelle et l’on se sent commeécrasé sous cette masse de sculptures si peu faites pour un salon 2 3 . De même laporte de la chapelle avec ses colonnes cannelées, son linteau à patères etbucrânes, son fronton haussé sur une sorte de cippe, paraît -elle disproportionnéeet trop proéminente. Sa place était à l’extrémité d’une galerie, sous des voûtesélevées, dans un milieu propre à la recevoir T

Très certainement, durant les trente ans que l’on travailla presque sansrelâche au château de Coulonges-les-Royaux 4 5 , sculpteurs et ornemanistes se suc-cédèrent en grand nombre. L’intérêt présenté par les comptes , s’ils existaient,serait donc considérable; nous y puiserions des renseignements précieux pourdéterminer l’origine de tels ou tels motifs qui, en dépit d’une conception géné-rale assez uniforme, ne laissent pas de conserver une véritable originalité. Lesdeux lettres I. M. disposées en monogramme sur le manteau d’une cheminéepermettent seules de conjecturer que Jean Morison n’est peut-être pas étrangeraux derniers perfectionnements apportés à la demeure de Louis d’Estissac L En15 68 6 7 , le maître fontenaisien qui, très probablement, comme la plupart desartistes contemporains, savait, suivant les cas, manier l’équerre et le ciseau, abien pu exécuter une œuvre dont aucune partie ne révèle un talent extraor-dinaire. Pour notre part, au point de vue de la composition principalement,nous préférons de beaucoup les innombrables caissons qui tapissaient le dessousdes rampes droites de l’escalier en même temps que le plafond des paliers. Il ya là jusqu’à cinquante-huit motifs absolument différents et l’œil ne considère passans quelque surprise ce prodigieux effort d’imagination 1 .

Comme toutes les grandes constructions du même genre, le château de

1. Ancienne habitation de Nicolas Rapin, bâtie, en 1595, dans un style assez modeste, par Jean Morison, archi-tecte fontenaisien.

2. Les caissons, réunis trois par trois dans le sens de la largeur, sont maintenus par des poutres simulées que roi-dissent, de distance en distance, des colonnes en fonte !

3. On a démonté jusqu’à l’énorme lanterne qui, portée sur trois colonnes au sommet du mur d’échiffre, formait unesorte de vaisseau à deux nefs et quatre travées. Cependant, toute cette partie de l’escalier, au point de vue de la décora-tion, ne présentait rien de particulièrement remarquable.

4. De 1540 à 1570.

5. M. O. de Rochebrune (Poitou et Vendée, t. II, p. 14), outre un I et un M, signale « deux V enlacés ». Maisc’est prendre bien à tort pour des lettres la base ordinaire du signe conventionnel des artistes.

6. Certe date se lit sur un cartouche.

7. M, O. de Rochebrune, dont tout le monde connaît le talent d’aquafortiste, a consacré dans l’album qui accompagne