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Tome III.
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LE POITOU.

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services de Mathurin Berthomé ; en valeur commerciale actuelle, elles représen-taient plus de cent mille francs 1 .

Nous avons dit plus haut que l’on pouvait bien s’être occupé de l’hôtelde ville de Niort dès l’année 1530. Cette assertion se fonde sur le temps nécessaireà la préparation des plans et à la démolition des anciennes constructions, nonmoins qu’à l’exécution de tout ce qui frappe aujourd’hui les regards. Mais rienn’empêche de fixer en 15 3 2 le commencement de la période véritablement sérieuse.Berthomé aurait eu ainsi quarante mois environ pour porter son œuvre à l’étatde perfection où il était, lorsque le conseil de ville, suivant un document récem-ment publié 2 , procéda, en juin 1535, à l’adjudication des travaux de menuiserie.

A propos de l’église Notre-Dame, à Fontenay-le-Comte, il a déjà étéquestion de Liénard de la Réau 3 . Cet architecte, dans la même ville, s’estsurtout distingué par la construction d’une fontaine, poétiquement placée encontre-bas de la voie publique et décorée avec un sentiment de l’art classiquequi ne laisse pas de faire rêver, car c’est le moment ( 15 42 4 ) où le beau châ-teau de Coulonges- les -Royaux, si remarquable par les mêmes tendances, vasortir de terre. Louis d’Estissac a bien pu avoir recours au talent de Liénard dela Réau qui, pour se mettre sérieusement à l’œuvre, n’attendait sans doutequ’une occasion favorable 5 .

1. Cf. Leber, Essai sur l’appréciation de la fortune privée au moyen âge, relativement aux variations des valeursmonétaires et du pouvoir commercial de l’argent. Paris, 1847, i n- 8°.

2. E. Breuillac, op. cit., p. 7 à 12. Ce document fait connaître les noms de Pierre Bourry, Thomas Nourry,Mathurin Rousde dit Capete et N. Jorly, « tous maistres menuisiers de la dite ville » qui s’engagèrent à « fayre etparfayre # la « besoigne » indiquée, c’est-à-dire non seulement les portes et fenêtres des différentes pièces, mais encorele mobilier de la salle des délibérations, moyennant la somme de deux cent cinquante livres tournois. La serrurerie,d’autre part, fut confiée à Antoine Carradoux et la vitrerie à Pierre Dèpres. Des écussons figuraient au milieu de verresblancs, absolument comme de nos jours à l’hôtel de ville de Poitiers et à celui de Paris. Tous ces travaux nécessitèrentenviron deux années, de sorte que le conseil de ville ne put prendre définitivement possession du nouvel édifice qu’en 1537.

3. Voir plus haut, p. 225.

4. Cette date se lit à la partie inférieure d’un bas-relief destiné à rappeler, d’une façon pittoresque, les armoiries,récemment octroyées à la capitale du bas Poitou (voir plus haut, p. 210). Sur un fond de paysage accidenté se détache,en effet, une élégante fontaine, composée d’un bassin octogone auquel se désaltèrent deux licornes, d’un massif élevéde même forme, décoré de colonnes, niches et statues, d’un toit imbriqué et d’un lanternon.

5. On remarquera que l’arc en anse de panier ne repose pas directement sur les colonnes des côtés. Entre elleset lui est intercalé un entablement complet, ainsi que cela se voit dans certaines églises des environs de Paris et à lachapelle du château de La Rochefoucauld. De plus, Liénard de la Réau a chargé son fronton de denticules, sans songerque la frise au-dessous était dorique et non ionique.

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