L’ANGOUMOIS.
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II
V
A l’exception d’un seul, celui de Sansac, situé aux environs de Confolens,entre Cellefrouin et Champagne-Mouton, tous les châteaux bâtis en Angoumois,à l’époque de la Renaissance se trouvent également au sud d’une ligne qui, aprèsavoir suivi le cours de la Charente, de Cognac à Angoulême, oblique vers Mon-tembœuf et la frontière du Limousin. Mais la partie voisine du Périgord demeure,cette fois, en dehors du mouvement, qui ne gagne même pas les cantons deBaignes, Blanzac et la Valette. Au centre de la province, l’espace ainsi délimitédécrit une sorte de triangle dont la base, tournée vers la Saintonge, s’étend deCognac à Montchaude, et si l’on ne savait, d’autre part, comment les choses sesont passées, il y aurait lieu de croire à une initiation venue de ce côté-là.
Un historien de l’Angoumois, Vigier de la Pile, nous dit en parlant deJean Calluaud, premier abbé commendataire de la Couronne : « Il avait beaucoupde crédit. C’est lui qui fit bâtir la belle maison de l’Oisellerie L » La question dedate, qui est souvent si embarrassante, se trouve donc très approximativementtranchée pour un monument d’un certain intérêt; car l’espace dans lequel onpeut se mouvoir ne dépasse pas six années, de 1516 à 1522 2 . La galerie deCognac était alors terminée, et l’on travaillait déjà au château de la Rochefoucauld,ainsi que nous le démontrerons tout à l’heure. Rien n’empêcherait donc, aubesoin, que dans le pays on se fût déjà mis à pratiquer la nouvelle architecture.Mais Jean Calluaud, en même temps qu’abbé de la Couronne, était évêquede Senlis; sa vie se passait, soit en voyage, soit à la cour, et nous ne croyonspas nous tromper en supposant que les plans du château projeté aient été faits
1. Histoire de l’Angoumois , éd. Michon, 1846, p. xcm. Le château de l’Oisellerie est à 7 kilomètres au sudd’Angoulême, tout près de l’abbaye de la Couronne.
2. Ces dates s’appliquent au grand château et non au petit, dû, nous le savons, à un membre de la même
famille.
ni
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