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LA RENAISSANCE EN FRANCE.
figurant, l’un Octavien de Saint-Gelais, l’autre le fondateur de la chapelle 1 2 .
La décoration, dont nous venons de faire connaître l’idée générale, accusemalheureusement dans son exécution une grande négligence. Il est vrai que cedéfaut se fût trouvé atténué si, conformément au programme, toute la sculpture,réduite à l’état de broderie, eût revêtu le charme de la couleur. On ne vou-lait rien moins que simuler sur les murs une sorte de tenture, donner à l’in-térieur du monument une apparence de confort en même temps que de richesse.Du reste, cette prétention de faire jouer à la pierre un rôle absolumentcontraire à sa nature n’apparaissait pas pour la première fois, et Jacques deSaint-Gelais, en définitive, s’est contenté de reproduire avec la fidélité quecomportait la différence de situation la célèbre chapelle dite de Commines, auxGrands-Augustins de Paris 3 . Nous pouvons ajouter que l’on chercherait vaine-ment ailleurs une autre tentative de même genre 3 ; le développement du goût,qui ne devait pas tarder à se faire sentir, en dehors de toute autre considération,semble avoir suffi à y mettre obstacle.
Jusqu’ici, on regardait comme à peu près certain que les travaux de la cha-pelle Saint-Gelais eussent commencé en 1502 4 5 . Mais l’origine indiquée toutà l’heure introduit un nouvel élément de contrôle, et nous sommes bien obligésdésormais de descendre environ de quatre ou cinq années. La copie peut diffi-cilement précéder le modèle, et ce dernier, nous le savons, n’a pas été livré àl’admiration du public avant l’année 1506. Quoiqu’il en soit, du reste, l’œuvre,d’abord menée assez rapidement, fut laissée inachevée. C’est ce que permettentde constater les débris échappés aux architectes, il y a une trentaine d’années,après avoir subi les outrages des huguenots en 1568 h
1. Ces deux médaillons portent des inscriptions imparfaitement données par Michon et Rochebrune. Les voiciprises sur l’original : i° à gauche : O. De. S. G. E, c’est-à-dire Octavianus de Sancto Gelasio episcopus; 2° à droite :IA. De. S. G. vTxCS. E., c’est-à-dire lacobus de Sancto Gelasio Uticensis (Uzès) episcopus.
2. Voir plus haut, t. II, p. 149.
3. A moins que l’on n’accorde quelque attention à la petite chapelle du château de Loches, dont les murs présen-tent un semis d’hermines et de cordelières.
4. A. de Rochebrune, op. cit p. 6.
5. Bien que démolie en 1854 par M. Abadie, la chapelle Saint-Gelais n’en continua pas moins de figurer sur la listedes monuments histoiiques jusqu’en 1886. Dans les bureaux du Palais-Royal, on ignorait, paraît-il, cet acte inqualifiabled’un architecte qui, à lui seul, a fait plus de mal aux monuments de l’Angoumois et du Périgord que toutes les guerresreligieuses et toutes les révolutions.