AUNIS ET SAINTONGE.
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reçut de son côté « trois cens quatre vingts deux livres dix solz tournoys pouravoir painct et estoffe les ymaiges dudit Sainct-Sépulcre \ » C’est donc un totalde mille douze livres dix sols que la fabrique eut à débourser.
Nous ne trouvons pas étonnant que le talent de Michel Colombe, alors danstoute sa gloire, ait été coté aussi haut; mais celui de Bernard du Patiz est plusdifficile à apprécier 1 2 . Peut-être s’agissait-il, au moyen de la couleur, de figurer cesriches étofîes qui font notre admiration dans certains vitraux du temps. La poly-chromie était à l’ordre du jour et, naturellement, suivant les cas, on apportaitplus ou moins de soin à son exécution.
Les conditions posées de chaque côté furent exactement remplies et lemonument, nous le savons 3 , un peu plus de trois ans après avoir été com-mandé, c’est-à-dire au mois d’août 1510, occupait déjà une place d’honneurdans l’église Saint-Sauveur. Il y demeura un demi-siècle 4 , sans exercer malheu-reusement la moindre influence sur la direction de l’art. La grande sculpture,à ce moment propice entre tous, ne prit point vie au contact d’une œuvrenécessairement très remarquable. Peut-être admira-t-on, mais on ne fut pas tentéd’imiter, et la longue période de la Renaissance s’écoula au milieu de la plusdésolante stérilité.
III
Par suite des changements opérés dans les divisions territoriales, le cantond’Aulnay, qui anciennement faisait partie du Poitou, se trouve rattaché à l’Aunis
1. Lambron de Lignim, Recherches historiques sur Porigine et les ouvrages de Michel Colombe ; p. 18.
2. Cf. D r Giraudet, les Artistes tourangeaux , 1885, p. 137. Bernard du Patiz, qui habitait rue de la Scellerie,près Péglise Saint-Vincent, à Tours, prolongea sa vie, paraît-il, jusqu’en 1521.
3. Lambron de Lignim, op. cit., p. 17.
4. L’église Saint-Sauveur fut une de celles qui eurent le plus à souffrir des protestants, presque au début durègne de Charles IX. Il n'en reste debout que le clocher.