AUNIS ET SAINTONGE.
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gance et l’on s’est contenté, pour jeter une note artistique, de faire courir unehaute frise à rinceaux, vases et candélabres 1 .
L’intérêt de Dampierre gît non pas dans sa façade, mais dans le plafond àcaissons de la galerie haute. C’est là, en effet que Jeanne de Vivonne, dontBrantôme a vanté l’esprit cultivé 3 , s’est amusée à faire exécuter par des sculpteursd’un mérite ordinaire toute une série de compositions au sens plus ou moinsclair 3 .
Les inscriptions cependant ne manquent pas; on en trouve en latin, enfrançais et en espagnol 4 . Quelques-unes sont empruntées aux poètes, à l’Ancienet au Nouveau Testament; mais les proverbes dominent et il faut véritablementune grande hardiesse pour chercher à soulever le voile que la noble châtelainea jeté, dit-on, sur sa pensée 5 .
Jeanne de Vivonne, qui était fille du célèbre André de Vivonne, seigneurde la Châtaigneraie 6 , avait certainement vu les constructions récemment achevéesd’Apremont 7 , et cela suffit pour expliquer la présence de la longue frise qui donnetant de caractère à la façade. Il serait donc dangereux, dans la circonstance, detrop s’appuyer sur ce détail pour désigner la province à laquelle appartenait l’ar-chitecte. La lourdeur presque romane de l’ensemble pourrait seulement fairecroire au choix d’un homme assez neuf dans le métier, que la noble châtelainese serait chargée de diriger. Quoi qu’il en soit, du reste, les travaux, commencésen 1545 ou 1546, n’ont pas dû être terminés avant 1550. Le style général de laconstruction, non moins que certains détails des caissons où figurent les croissantsde Henri II en témoigneraient au besoin.
d’appareil. Au-dessus des arcs en anse de panier du rez-de-chaussée, chaque double assise, formée de pierres posées de champ,est séparée par une haute et mince pierre en délit.
1. Cette frise est comprise entre une architrave décorée des trois faces classiques et une corniche à denticules.
2. Brantôme, Vies des dames illustres } t. I er , p. 34.
3. Trois caissons seulement sur soixante sont demeurés entièrement lisses.
4. TROPT • TARD • COGEV • TROPT • TOST • LAISSE • EN • RIEN • GIST • TOVT • — MAS • PERDIDO . Y
• menos ■ arrepantido, qui accompagnent respectivement deux religieux cheminant un chapelet à la main, un livreouvert, et un hideux démon.
5. Noguès, op. cit. — A. Arsonneau, Notice sur Château-Gaillard et Dampierre. Niort, 1875. Voici quelques-unsdes sujets pris dans ces différents genres : Une tour sur laquelle tombe une pluie d’or, avro • clavsa • patent • — Unepierre émergeant du sein des flots : modice • fidei • qvare • dvbitasti . — Un serpent coupé en deux : dvm •spiro • sperabo • — Un bouclier : avt • hvnc • avt • svper • hvnc • — Une colombe portant dans son bec unrameau : si • te • fata • vocant • — L’urne des destins percée d’une ouverture par laquelle s’échappe le sort deshumains : qve • tegit • sola . fient • manifesta • rvina • — Cette dernière devise se lit à la partie supérieured’une cheminée assez singulièrement décorée. L’artiste, en effet, a simulé une draperie rouge, suspendue par des anneauxà une tringle et dont la signification serait inexplicable si on n’avait eu soin d’ajouter l’inscription suivante : se • cognestre •ESTRE • ET • NON • PARESTRE.
6. Voir plus hauc, p. 227.
7. Id. } p. 256.
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