de la renaissance, et qu’à l’extérieur, dont toutes les propor-tions sont longues, il règne un goût qui rappelle jusqu’à uncertain point ces décorations gracieuses, mais libres, deshabitations de Pompeï. La sculpture de pâte, les glaces sé-parées par des baguettes en cuivre jaune bruni imitant l’or,font presque tous les frais de cette devanture. La fig. 1 estle plafond de la boutique, imitant un assemblage en sapin,avec une belle rosace au milieu, dont le n° 2 donne le déve-loppement ; 3 est le détail d’une des deux colonnettes de ladevanture, dont l’une cache un support en fer soutenant lepoitrail; 4 est le profil de l’un des deux supports figurésen plan entre la boutique et l’arrière-boutique. Sur la pl.44' sc ti’ouve le détail des deux niches garnies déglacés,qui précèdent les deux corps d’armoires, et devant l’unedesquelles est le comptoir. L’ornement du cadre et de lafrise au-dessus des glaces, est en sculpture peinte. Sur lamême planche 44 est un motif, moitié grec, moitié étrusque,de la devanture de boutique d’un restaurateur, dans lequella fonte de fer, la peinture et la sculpture ornementale ontété employées avec goût.
PI. 4d et 4y. Boutique de Batton, fabricant de fleursartificielles, rue de Richelieu. — Il n’est guère possiblede voir une composition mieux entendue, d’un meil-leur goût que celle-ci; elle porte le cachet d’ùn véri-table talent ; la régularité du plan , la rigoureuse corres-pondance des pleins et des vides, l’unité de style dans ladécoration intérieure, la belle proportion de ses parties etla pureté de ses profils en font une véritable production ar-chitecturale. Entre un salon de riche seigneur et l’intérieurd’une telle boutique , la différence gît dans les comptoirs ;substituez-leur d’autres meubles, vous aurez un intérieurcharmant. Sa frise est coloriée, et toute la peinture est blancet or. En tête de la pl. 46 est l’élévation extérieure de laboutique, dont le fond est peint en brun, les pilastres et lescintres qu’ils supportent sont en marbre blanc; les entre-pilastres en bleu clair pour le fond, sur lequel se détachentles figures portant des fleurs et en brun rouge pour le pan-neau du bas, en rouge vermillon pour celui servant defond aux armes, jaune et or, placées au-dessus de la tabletteencadrée séparant le compartiment. Le fond de la frise re-cevant l’inscription , et le numéro de la maison, en lettresd’or, est bleu clair, l’attique en marbre jaune clair, les grif-fons blancs ; le soubassement est en marbre noir. La fig. 1est un détail du chambranle de la cheminée qui fait face,dans le plan, à la porte d’entrée ; 2 est un des quatre vasesimités de l’antique, placés sur des consoles, dans les entre-pilastres des angles de la boutique.
Au-dessous est l’ajustement, avec la porte cochcre , dedeux boutiques parallèles d’une maison de la rue NeuveVivienne, construite par M. Lecointe, auteur de lacomposition précédente. Ce n’est pas un faible avantagepour l’aspect d’une maison, que ses boutiques fassent partieintégrante de sa décoration, et soient ordonnées par l’ar-chitecte même qui a dirigé tous les autres travaux. Cetexemple en est la preuve.
Pl. 48. Boutique Lubin. — Encore un exemple de l’ex-ploitation heureuse des gracieuses décorations trouvées àPompeï. Comme entente de tons et de disposition des com-partiments dans lesquels sont peintes des figures de femmes,de fleurs, danimaux, cette boutique est fort jolie. Le
fond des pilastres et de la frise est brun de Vandyck, lesornements de sculpture sont jaune or, comme le nomLubin et le numéro du magasin. Les peintures coloriées sedétachent toutes par un fond bleu; les baguettes servant àlier entre elles les glaces formant la devanture, sont encuivre jaune bruni, ainsi que l’entourage et le panneau dubas de la porte à glace, et les deux piédestaux sur lesquelsposent les colonnettes supportant le couronnement de celteporte. Le soubassement est noir; un liseré blanc continuela forme des pilastres d’angles. — Autour du plan de cetteboutique sont figurés, en plus grand : 1 , le détail ducouronnement des pilastres, avec ses profils ponctués ;a, le développement du montant de l’un de ces pilastres ,qui ne diffèrent entre eux que dans le mouvement desfigures; 3, le couronnement de la porte. L’architecte à quil’on doit cette jolie composition, est M. Arveuf.
Pl. 49 et 5o. Boutique du confiseur Millétot. — Voilàencore un de ces exemples extraordinaires de richesse et demagnificence qui ne se rencontrent qu’à Paris , et dont onne peut juger de l’effet surprenant sur le vu d’une gravureau simple trait. Tout ce que les formes antiques ont deplus gracieux, de plus aimable, de plus coquet; tout ce queles ruines d’Herculanum, les bains de Titus et de Livie, letombeau de Cestius, offrent de brillant et d’ingénieux enfait d’arabesques, semble avoir été mis à contribution pourl’ornement de ce temple à la friandise. Les peintures , lesmarbres, les sculptures, les glaces, y rivalisant d’éclat et derichesse, et donnent à l’aspect général un air de féerie; onne sait ce qu’on doit le plus admirer dans cette composition,de la disposition de l’ensemble ou de la perfection et du choixdes détails. Le haut de la pl. 49 en donne la partie centrale,dont le plan est figuré pl. 5o. Au-dessous est l’ajustementde la glace en regard, et, à droite et à gauche, les panneauxornés de figures peintes qui l’accompagnent. La pl. 5o con-tient, le plan général de la boutique et d’une partie de sesdépendances', dont tous les pavés sont en marbre, avec unecoupe sur sa longueur, l’ornement développé de la cornichedu plafond, et la base et le chapiteau de l’une des huit co-lonnes de la décoration principale.
PI. Si. Boutiques diverses. — Des quatre motifs de bou-tiques gravés sur cette planche , les deux du bas se fontremarquer par la manière ingénieuse avec laquelle l’archi-tecte a fait entrer l’entresol dans la décoration générale.Trop souvent la boutique est un hors-d’œuvre, n’ayant au-cun rapport de caractère ni de style avec la maison à la-quelle elle appartient. Les deux exemples du haut sont sim-ples et dans de bonnes proportions. La fig. i est un motif depanneau à baguettes carrées et saillantes, avec son assem-blage ; la fig. 2 le détail du couronnement à palmettes dela porte de la boutique b. Sur le boulevard Saint-Denis, oùse trouve cette boutique, on en voit trois à côté l’une del’autre, exécutées sur le même modèle. Cette continuitéproduit un bon effet.
Pl. 52. Boutiques d’armurier et de charcuterie.—Re-marquables comme lignes, comme proportion , comme dé-tails, comme entente de couleur pour arriver à l’effet, cesboutiques ont le défaut de manquer du caractère propre àl’objet du commerce dont elles devraient être l’enseigne.Otez les accessoires insignifiants au moyen desquels on a cru