— 10 —
caractériser l’atelier ou le magasin d’un armurier, il resteraune devanture de boutique propre à une lingère ou à unemarchande de modes. Les détails i, 2 , 3 appartiennent à ladevanture de l’armurier, 4 et 5 à celle du charcutier.
PL 53. Menuiserie ornementale. Restauration de lagalerie de la Cour de Cassation au Palais de Justice, aParis. — Avant sa restauration, opérée dans ces dernierstemps par M. Gisors, architecte, cette longue galerie étaitfort irrégulière dans ses pleins et dans ses vides. On a faitdisparaître ce défaut autant que les localités l’ont permis :située au-dessus du préau de la Conciergerie, dont la con-struction date du règne de saint Louis, il a fallu laisser posersur les pilastres inégalement espacés de l’étage inférieur lespilastres de l’étage supérieur. Au moment où 31. Gisors adû réparer cette galerie, il ne restait de son ancienne dé-coration que la corniche et les nervures des cintres, et, aucentre du plafond, une poutre de forte dimension qui avaitété placée là après coup pour consolider cette partie. Lecaractère de ces vénérables vestiges, qu’il fallait conserver,a fixé l’architecte sur le parti à prendre dans sa restaura-tion. Les boiseries sculptées et peintes dont il a revêtu lesparois et le plafond de la pièce et l’embrasure de la portedont nous donnons la gravure, sont dans le sentiment de cequi existait ; sauf toutefois la peinture, qui nous paraît unluxe incohérent avec l’âge que suppose le reste. Il faut con-venir néanmoins que ces peintures donnent à l’ensemble unaspect de richesse et de magnificence dignes d’un palais.Les boiseries de l'embrasure de la porte sont brunes ; leursencadrements sculptés le sont également, mais plus foncés ;le culot qui termine le cul de lampe, à nervures brunes,est blanc et sa scotie est bleue. Les portraits de rois figurésdans notre gravure ne sont pas encore en place, mais ilsseront peints à l’huile. L’inscription au-dessus de la porteest en lettres blanches, sur fond bleu.
Tous les lambris de la galerie, entre les pilastres, sonten bois, mais imitant un papier de tenture à rosaces ; lespilastres et les chapiteaux sont blancs, à l’exception de lascotie, qui est bleue. Le plafond du milieu est aux couleursnationales, son fond est bleu clair, ses ornements blancs, sesrosaces rouges ; le& solives feintes des autres parties du pla-fond sont dans le même système pour le fond, les ornementset les rosaces dont ils sont ornés, quoique notre graveur n’enait pas rendu compte. Le piédestal orné de la statue de saintLouis est jaune ocre ; et la statue elle-même, par une bizar-rerie qui n’a pas de nom, est peinte : le manteau royal estbleu, parsemé de fleurs de lys en or, la robe jaune, la cou-ronne et le livre en or. Enfin des tapisseries couvrent lesdeux portes entre lesquelles est cette statue, et, comme à laporte principale, l’inscription qui est au-dessus est en lettresblanches sur un fond bleu.
PI. 54. Menuiserie ornementale. Galerie de la Chambredes Requêtes, au Palais de Justice.—Dans cette belle déco-ration M. Gisors a pu donner un libre essor à son génie. Iln’a dû se raccorder avec aucun vestige ancien ; et l’on s’enaperçoit, car il y règne un accord qu’on ne trouve pas tou-jours dans la restauration précédente. Ici il a abordé fran-chement le style de la renaissance, et il s’y est tenu constam-ment. Au goût qui a présidé à l’ordonnance de l’ensembleet de ses parties on reconnaît l’artiste qui a fait une étudeapprofondie des production du Primalice et de son école.
Les marbres, les peintures, les bois sculptés et dorés, ontété employés tour à tour et mariés avec un goût exquis. Pourse faire une idée de l’effet de cette décoration il faut l’avoirvue. Dans les pilastres, dont la fig. 1 donne un détail, lesornements serpentants sont dorés ; ceux du centre, montanten droite ligne, sont blancs et se détachent, comme les au-tres, sur un fond bleu ; la séparation supérieure des pilastresest en marbre rosé ; les encadrements des grands panneaux(voyez détail fig. 2 ) sont blancs comme eux, leurs rosacessont dorées, et la tête, formant camée au milieu, se détachesur un fond bleu. Les quatre petits panneaux intérieurs, au-dessus etjau-dessous des portraits de magistrats,sonten marbrerosé, ainsi que les quatre angles du cadre de ces portraits. Labalustrade du haut est blanche et se détache sur un fondbleu, qui est rappelé par celui sur lequel est tracé, en blanc,Chambre du Conseil, et sur la porte qui fait face à celle-ciChambre des Requêtes. Enfin la figure qui occupe la clefpendante de cette dernière porte est en bronze comme leculot sur lequel elle pose ; sa couronne est dorée. Une ta-pisserie brune, avec ornements brodés, ferme la porte pré-cédente.
PI. 55. Boutiques en 3Ienuiserie. — La boutique duplumassier Mégret mérite des éloges par l’originalité et lebon goût de sa disposition. Le rez-de-chaussée, lié ainsi avecl’entresol, produit un effet gracieux et neuf. Les sculpturesde la frise et les peintures des entre-pilastres de la boutiquecontribuent, avec les glaces qui en forment la devanture, àlui donner un air de magnificence. La boutique du bijou-tier-orfèvre Garnaud est un modèle peu dispendieux à re-produire aujourd’hui que les sculptures de pâte sont d’unprix si modéré.
PI. 56. Devantures de Boutiques en Fer. — Les deuxmotifs gravés sur cette planche sont un supplément auxexemples de boutiques de même nature publiés dans nosdeux précédents Recueils de Modèles de Serrurerie. Us nousont paru de trop bon goût pour ne pas être publiés ici.
Les fig. a a sont le plan et Je profil d’un de ces vases encuivre étamé que les bouchers substituent aujourd’hui à cesignobles baquets dans lesquels ils lavaient les pieds et lestêtes d’animaux; b est la table à dessus de marbre sur la-quelle ils exposent leurs morceaux de choix.
PI. 57 . — Les architectes de mérite qui ont élevé les mai-sons de la rue Neuve-Vivienne, nouvellement percée, sesont évertués à donner de l’originalité et de l’éclat aux de-vantures des boutiques de ces mêmes maisons, et la plupartont eu l’attention d’établir un juste rapport de style entreles élévations des unes et des autres. Les deux boutiques dela maison n° 57 , rue Neuve Vivienne, ici gravées, en sontune nouvelle preuve. Elles sont d’une grande magnificence.Les pilastres et chapiteaux, ainsi que toutes les mouluresornées , sont dorés pour s’accorder avec les baguettes desglaces, qui sont en cuivre jaune bruni ; la porte cochère quiles sépare est tout entière en bronze vrai ou feint; son en-cadrement, en grecques et en enroulements terminés pardes métopes, est peint en couleurs imitant la faïence émail-lée. Les bases des pilastres imitent le bronze. La fig. 1 estla moitié supérieure de la porte cochère à panneaux à jourarmés en bronze ; 2 , un des entre-pilastres de l’ordre placé,au-dessus de la porte, de chaque côté de la fenêtre milieu ;
J