leurs arabesques sont peints sur fond blanc dans le senti-ment de l’encadrement de la porte.
PI. 58 . Boutiques. — Celle de boulangerie, gravée auhaut de la planche, est encore un exemple de ces devanturesen fer dont certains états, qui sont exposés à être assaillis parla foule, ont de temps immémorial garanti l’entrée de leurboutique. Dans nos deux Recueils de Modèles de Serrurerieet de Fonte de fer précédemment publiés, on en trouvera d’au-tres non moins intéressantes que celles-ci. A b sont des va-rietés d’ajustement de barreaux à l’usage des boutiques deboulangerie. La boutique au-dessous a de recommandablesa simplicité et ses bonnes proportions.
PI. 5 g et 60. Bazar de l’Industrie française, boulevardMontmartre. Multiplier les places marchandes dans unlocal donne, faire que toutes soient bien en vue, d’un abordfacile, cpie la circulation du public se fasse sans gêne, sansembarras, que le jour se répartisse convenablement, etc., etc.,sont les conditions premières d’un semblable établissement.Sous ces divers rapports le bazar Montmartre est un desmieux disposés de ceux qu’offre la ville de Paris. Il est àdeux étages. Le plan que nous en donnons est celui du rez-de-chaussée. On y entre, en face, par le boulevard, et, surle côté, par la rue Montmartre. Dans la direction de chacunede ses entrées sont des escaliers qui conduisent à l’étage su-périeur. Les boutiques sont rangées autour de larges prome-uoirs,et, du premier étage, la vue plonge sur les boutiques durez- dc-chaussee. Dans le jour ce bazar est éclairé parune lanterne vitrée, et le soir p ar les candélabres indiquésdans la coupe transveisale. Lun de ces candélabres est des-siné plus en grand fig. 2, pl. 5 q. La coupe sur la longueur,pl. 60 , achève de faire connaître l’ensemble de cette com-position, dun genre nouveau chez nous. Au-dessous sontfigurés : 1, des détails de tablettes, vues de face et de pro-fil, et du comptoir marchand; 2, chapiteau et base des pi-lastres de l’ordre du premier étage ; 3, détail de l’un dessupports en fer du rez-de-chaussée. Le rez-de-chaussée estaffecte aux marchandises pesantes , l’étage supérieur auxobjets légers et peu volumineux.
Pl. 61 et 62. Galeries Marchandes. — Depuis que lenombre des voitures s’est accru à p ar j s d’une manièreeffrayante pour les piétons , l’industrie s’eSt imaginée d’ou-vrir des galeries couvertes, des baz ars 0 ù elle expose sesproduits aux regards du public. Là, à l’abri du froid dans1 hiver, de la chaleur dans lete, de la pluie et de la crottedans toutes les saisons, et des accidents sans nombre quimenacent le promeneur dans les rues fréquentées, il peuten sécurité, vaquer à ses acquisitions, et apprendre à con-naître mille objets dont il ignore jusqu’à l’usage, et qui luideviennent bientôt un besoin dès qu’il les a vus.
Nous avons déjà donné, pl. 21, trois travées, sur unegrande échelle, de la galerie Véro-Dodat, e t fait connaîtrenotre sentiment sur cette belle composition; à cet exempleremarquable de galeries couvertes, nous en joignons icitrois autres d’un intérêt progressif, et dont le parallèleaidera à éclairer l’intelligence des constructeurs qui pour-raient avoir à traiter de semblables sujets. Nous les pré-sentons avec les entresols qui surmontent chaque boutique,afin qu’ils voient combien il est souvent difficile d’accorderpour l’œil ces deux parties d’un même tout.
La Galerie Colbert, pl. 61, par M. Billaud, architecte,remplit parfaitement toutes les données du programme ;on ne saurait trop louer la disposition de l’espèce d’attiquequi règne au-dessus des boutiques à devanture et archi-voltes en glaces. Les peintures de cette décoration sont :marbre rouge pour les socles , marbre jaune pour lescolonnes , marbre gris veiné pour la frise et le fond ; lesmoulures et corniches sont en blanc , la menuiserie enbronze, les médaillons se détachent en blanc sur des fondsviolets 1 .
La Galerie Vivienne , construite par M. Delannoy, à peuprès dans le même temps que la Galerie Colbert sa voisine,offre dans ses plans et dans sa décoration une variété quen’a pas la première, et cette variété, qui tient à deslocalités ingrates qu’il a fallu vaincre, ajoute à sonmérite (Voir pl. 53 et 54 de notre Choix des Maisons deParis.) Si le motif de décoration que nous offrons ici,est moins flatteur à l’oeil que les autres, à cause de sonentresol un peu écrasé, il est peut-être celui qui a demandéle .plus d’étude , et l’on ne peut que louer l’architecte,d’avoir tiré un aussi bon parti d’une localité aussi ingrate.Cette partie de la galerie est couverte par un berceauvitré,au travers duquel l’œil aperçoit les cinq étages des mai-sons qui l’avoisinent.
Le Passage du Saumon , pl. 62, présente une décora-tion plus originale que de bon goût. Ce mélange de grandeset de petites parties, de parties nobles et de parties mes-quines, cet attique qui paraît, par le goût de sa décoration,tout à fait étranger à la composition, tout cela donne dudécousu à l’ensemble , et fait croire que deux volontés ontprésidé à sa confection. Il n’en est pas ainsi de la GalerieVéro-Dodat, gravée au-dessous. Nous l’avons déjà dit, àl’occasion de la pl. 21 qui donne un détail en grand decelte galerie, 011 ne peut voir une composition où l’unité aitété mieux observée, et la partie du goût traitée avec plusd’art.
Pl. 63 . Décorations en fer. — Pour mettre en sûreté,autant qu’il se peut, les bazars et les galeries marchandes,contre l’incendie, on a substitué le fer au bois dans laconstruction des parties qui les composent. Le premierexemple de cette espèce de construction qui ait été donnéà Paris, est au Palais-Royal, dans les boutiques de la ga-lerie vitrée, dont les planches, les supports, et jusqu’auxescaliers sont en fer.
Le même système a été employé dans la Galerie duBoulevard Italien , n° 19, dont la planche 63 donne unfragment, une portion de coupe, ou profil, fig. 1 ; et, sousle n° 2 , un détail des bases et chapitaux des colonnettes,avec le plan de trois de ses travées et un détail des supportsdu comble. Auprès est gravée la Porte d'un Marchand deVins , dont l’ajustement est très-heureux.
Pl. 64 et 65 . Intérieur du Café Gaulois. — Dans unecomposition aussi belle, aussi riche, aussi artistement dispo-sée, et d’un aussi bon goût qu’est celle-ci, la seule chosequ’on pourrait blâmer, serait de manquer du caractère quelui imposait sa dédicace; mais qu’on substitue au titre de
1 Notre Choix de Biaisons de Paris donnant les plans, coupes, élévations inté-rieures et extérieures et plusieurs parties de ce passage, comme de celui, très-variédans ses diverses sections, connu sous le nom de Galerie Vivienne, nous v renvoyonsles personnes qui voudraient connaître autre chose que leur ajustement intérieur.