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avantages des armes qui les avoient battus, car ces armes neles battirent jamais plus d’une fois. Les Gaulois au contraire ,non moin braves ni moins belliqueux, mais beaucoup moins ré-fléxifs , & ne profitant par conséquent jamais des lumières &Tdes fautes, n’ont été fubjugés , que parce qu’ils avaient unemauvaise Tactique ; & ils avaient une mauvaise Tactique, parcequ’ ils avaient de mauvaises armes, auxquelles ils n’ ont jamaisvoulu renoncer. Tous les peuples en général ont imité les Gau-lois, & je n’en vois pas un seul qui ait osé être Romain.
L’exemple de tant de siècles sert assez de réponse à l’ob-jection triviale qu’on ne manque jamais de faire à toute inno-vation utile, qu’ on propose dans le militaire. L’ ennemi, vousdit-on toujours , fera les mêmes changemens que vous, il adopte-ra les mêmes armes, & la même Tactique. L’expérience nousfait voir le contraire : mais supposons qu’ il les adopte, cela nepeut certainement pas arriver qu’ après avoir reconnu leur per-fection à ses dépens, & après des défaites réitérées, qui aurontdonné au premier, qui s’en fera servi, une supériorité décisive,& bien difficile à lui ôter.
CHAPITRE III.
Des objets de La Tactique.
]Le but des principes de la Tactique doit être de faire agir uncorps de troupes avec le plus d’ordre, de célérité, & d’im-pulsion , qu’ il soit possible. II ess donc à propos de voir quelsfont les défauts qui s’opposent à ces trois objets. Pour l’ordre& la célérité, c’est la trop grande étendue du front & le peude profondeur j & pour l’impulsion, c’est l’imperfection desarmes; imperfection qui rend toute profondeur inutile. Commep ordonnance moderne a tout ces défauts, l’on a beau fe tour-menter pour augmenter la vitesse & la masse des troupes, onn’aura jamais ni masse ni vitesse. Ce fera toujours ou des corpsminces fans légéreté, ou des corps lourds fans poids.
Les cohortes Romaines étaient formées dans un bien meil-leur esprit que nos bataillons. La petitesse du front faisait leur