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Pensées sur la tactique et la stratégique ou vrais principes de la science militaire / par de Silva
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6 TACTIQUE

avantages des armes qui les avoient battus, car ces armes neles battirent jamais plus dune fois. Les Gaulois au contraire ,non moin braves ni moins belliqueux, mais beaucoup moins-fléxifs , & ne profitant par conséquent jamais des lumières &Tdes fautes, nont été fubjugés , que parce quils avaient unemauvaise Tactique ; & ils avaient une mauvaise Tactique, parcequ ils avaient de mauvaises armes, auxquelles ils n ont jamaisvoulu renoncer. Tous les peuples en général ont imité les Gau-lois, & je nen vois pas un seul qui ait osé être Romain.

Lexemple de tant de siècles sert assez de réponse à lob-jection triviale quon ne manque jamais de faire à toute inno-vation utile, qu on propose dans le militaire. L ennemi, vousdit-on toujours , fera les mêmes changemens que vous, il adopte-ra les mêmes armes, & la même Tactique. Lexpérience nousfait voir le contraire : mais supposons qu il les adopte, cela nepeut certainement pas arriver qu après avoir reconnu leur per-fection à ses dépens, & après des défaites réitérées, qui aurontdonné au premier, qui sen fera servi, une supériorité décisive,& bien difficile à lui ôter.

CHAPITRE III.

Des objets de La Tactique.

]Le but des principes de la Tactique doit être de faire agir uncorps de troupes avec le plus dordre, de célérité, & dim-pulsion , qu il soit possible. II ess donc à propos de voir quelsfont les défauts qui sopposent à ces trois objets. Pour lordre& la célérité, cest la trop grande étendue du front & le peude profondeur j & pour limpulsion, cest limperfection desarmes; imperfection qui rend toute profondeur inutile. Commep ordonnance moderne a tout ces défauts, lon a beau fe tour-menter pour augmenter la vitesse & la masse des troupes, onnaura jamais ni masse ni vitesse. Ce fera toujours ou des corpsminces fans légéreté, ou des corps lourds fans poids.

Les cohortes Romaines étaient formées dans un bien meil-leur esprit que nos bataillons. La petitesse du front faisait leur