l6 TACTIQUE'
8. me Principe, 11 est incontestable, & l’expérience íe prouvecontinuellement, que tout bataillon, qui a plus de cent vingthommes de front, & moins de stx de profondeur, est difficileà mouvoir, sujet au flottement & au désordre, & n’a aucunesolidité pour le combat. II est auffi à observer, que st les ba-taillons ont plus de cent vingt files, il n’est pas bien aisé à ceuxqui commandent, surtout dans une affaire, d’être vus & enten-dus de tout le Régiment.
9. me Principe. La division intérieure du bataillon doit êtreproportionnée à fa force. Le peu & le trop de parties fontdeux extrêmes qu’ il faut éviter , pour prévenir la confusion &les fautes. Le nombre des compagnies ou divisions doit êtreimpair pour la facilité des manoeuvres centrales, toujours à préfé-rer lorsque rien ne s’y oppose ; mais il faut que celui des pelotonssoit pair, & que leurs fronts soient toujours parfaitement égaux. '
10. me Principe. II est essentiel que chaque bataillon ait une•compagnie d’élite, & que cette compagnie soit au centre, nonseulement parce que c’est la place des drapeaux, & par consé-quent le poste d’honneur, & qu’elle doit y donner continuelle-ment l’exemple de la bravoure de la discipline & des autres:vertus guerrières, mais auffi parce qu’elle doit avoir toujoursla tête des manoeuvres , & être le point d’alignement & deralliement de tout le bataillon.
11. me Principe. Toutes les actions à la guerre fe réduisentà deux espèces ; actions de choc, & actions de feu. Il est im-possible que le même ordre soit également propre à ces deuxmaniérés de combattre absolument différentes. II est donc de tou-te nécessité d’avoir deux ordonnances distinctes, & des moyensde passer de 1’ une à l’autre par des mouvements simples & ra-pides. Celle du choc ou de la charge, doit être appellée, ceme semble, l’ordre solide, en opposition de l’autre, qu'on nom-me l’ordre mince. L’ordre solide est incontestablement le meilleur,non seulement pour le combat, mais auffi pour tous les mouve-mens, & pour toutes les opérations & circonstances de la guer-re,
Cette vérité est évidente; auffi ne par mou armement qu’on peut rei»*veux-je point de parties inutiles dans plir cet objet.mon bataillon ; niais ce a s est que