à TACTIQUE
de facilité des montagnes très-difficiles , où Ton pouvait resser-rer, gêner d u moins très-fort T ennemi qui avait pénétré, &lui ôter ses subsistances. Quelle opinion devons nous avoir desGénéraux qui les défendaient ? Avouons qu’ il y en a eu bienpeu parmi les modernes qui entendissent cette espèce de guerre.Je pourrais en compter peut-être jusqu’ à íìx ou sept en datantde fort loin. Le Prince Henri a fait voir par ia belle défensivedans le Hertz-gebirg en Saxe , qu’il en a une intelligence par-faite , '& il P aurait encore mieux développée,., s’il avait eupour théâtre les Pyrénées ou les Alpes’.
Les anciens connaissaient généralement mieux la guerre demontagnes, & le nombre des Généraux qui y ont paru très-instruits est considérable. Mais parmi ceux qui y ont excellé ,le plus habile est incontestablement Sertorius. Avec une petitearmée formée sk disciplinée de sa main il soutint la guerre enEspagne contre quatre Généraux Romains, qui avaient, selonPlutarque, six-vingt-mille hommes de pied, huit-mille chevaux,deux-mille frondeurs à gens de trait, & qui étaient maîtres aucommencement de presque toutes les places. En les attirant dansdes pays montueux & difficiles , & les faisant donner dans uneinfinité de pièges & d’embûches , il les battit toujours, prit ungrand nombre de villes, subjugua plusieurs grandes nations, &s’il ri’eût pas été assassiné par le traître Perpenna , on 1’ aurait,peut-être vu mener ses troupes victorieuses en Italie, après avoirdétruit les armées formidables de Metellus & de Pompée.
CHAPITRE XLVI.
jyu coup d œiU
Sien des gens confondent se coup d’œil militaire avec unecertaine connaissance au pays où P on fait la guerre. Mais cesdeux choses font très-différentes. On peut avoir acquis la connaissan-ce du, focal ,& ri’avoir pas secoupd’ceil. Il est donc á propos d’estdonner une définition pins exacte que celle qu’ on trouve dansles. auteur^ qui en ont parié.