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vice leur permet peu l’un, & encore moins l’autre. La plupartaussi ne s’adonnent que trop à l’indolence & à l’inapplication,& il y en a bien peu qui à la chasse, en voyage, ou dansleurs promenades , songent seulement au coup d'œil militaire .Pour les mettre donc dans 1’ absolue nécessité de cultiver leurstalens, je voudrais que les Gouverneurs ou Commandans desplaces eussent ordre du Souverain d’obliger tous les officiers deleur garnison à donner au moins une fois P année la solutiond’un problème militaire qu' il leur proposerait. Ce ferait tantôtune bataille dans les environs, tantôt le passage d’une rivièrepeu éloignée, un campement, l’attaque de certains postes , l’in-vestissement, le siège , la défense de la place, le fourrage d’uncanton déterminé , ou quelqu'autre opération propre à leurjaireacquérir les connaissances nécessaires , & à leur former le coupd’œil. II devrait y avoir des prix d’honneur capables d’exci-ter 1’ émulation pour ceux qui s’ en acquitteraient le mieux, &des punitions sévères pour ceux qui négligeraient volontairementde remplir leur tâche. Parmi les bons projets il y en aurait *fans doute de mauvais ; mais enfin cela obligerait tous les offi-ciers d’apprendre les sciences nécessaires pour les dresser, &d’examiner & bien connaître le terrein choisi pour leur exécu-tion. Le génie se développerait, & ceux que la nature n’ apoint enrichi de ses dons ne perdraient pas du moins leur temsentièrement j ils acquerraient toujours les lumières dont leur es-prit serait susceptible, & une telle occupation les tirerait decette ignorante & pernicieuse oisiveté dans la quelle ils crou-pissent. Je ne doute pas même que dans le nombre des bonsprojets qu’on verrait éclorre, & qui mériteraient d’être conser-vés, il ne s’en trouvât de très-utiles, si la guerre venait à sefaire un jour dans le pays pour le quel ils feraient formés»
CHAPI-