Buch 
Pensées sur la tactique et la stratégique ou vrais principes de la science militaire / par de Silva
Seite
311
JPEG-Download
 
  

ET STRATEGIQUE 3 11

Duché de Clèves, & je ne m opiniâtrerai point à défendrecontre les forces de la Russie mon royaume de Prusse. Lestroupes que j y ai fe replieront, après une légère opposition,faite seulement pour gagner du tems, fur la Poméranie,elles me seront bien plus utiles, que si elles fe laissaient acca-bler en Prusse par le nombre de leurs ennemis. Toute la lisièreoccidentale de la Poméraine depuis la mer jusqu à la Warte ,ce qui fait à peu-près une étendue de cinquante lieues, est unpays entierement ouvert, & que P ennemi pourra de même en-vahir très- facilement jusquà hauteur de Custrin , Stargard, &Colberg. Stargard même ne peut être un grand obstacle, & nesaurait faire une longue résistance. Dailleurs entre Stargard &Custrin, & entre Colberg &: Stargard, il n y a aucune placeforte. On y trouve à la vérité des postes avantageux , mais7 faut une armée partagée en plusieurs corps pour les défen-dre , fans quoi on n en pourra garder que quelques uns, &P ennemi pénétrera , & nous tournera par les autres. II faut dé-fendre Colberg, parce que c est lunique port que nous ayonsfur cette côté de la Poméraine, & que fa réduction donneraituux Russes de grandes facilités pour recevoir par mer des se-cours , mais il ferait impossible de leur fermer entierement lePays qui est entre Colberg & Custrin. II est donc évident queJusqu à 1 Oder on ne trouve point de ligne de frontière assuréepour couvrir P Electoral, mais fur ce fleuve Stettin, Custrin,^ Frankfurt, me donnent les moyens de le défendre avec peuue troupes, si non des incursions, du moins des établissemens P ennemi ; &c ces places avec celles de la Silésie m assurenttout l e cours de ce fleuve, & par conséquent la communicationentre l a mer Baltique, la Poméranie, le Brandebourg, & laSuésie , tandis qu elles empêchent celle des Russes avec lesSuédois. Il est donc essentiel de les soutenir, & de rendre sur-tout le siège de Stettin difficile: mais il faut que de ce côté-je me borne à cette défensive, afin de ne point affaiblir mon£ mée > pouvoir agir offensivement du côté de la Saxe

* * a Eoheme. Comme mon principe a toujours été , & doitetre encore plus à-préfent, de prévenir mes ennemis , de por-ter la guerre chez eux, & de les contraindre à en payer lestraix, y envahirai dabord la Saxe avec cette puissante armée ;