Buch 
Pensées sur la tactique et la stratégique ou vrais principes de la science militaire / par de Silva
Seite
332
JPEG-Download
 

33» TACTIQUE

il faut bien Connaître ces cas, distinguer les crimes& les cir-constances des crimes. II est d* ailleurs incontestable quordonnerdes châtimens extrêmes pour des fautes qu on pourrait corrigerpar des voies moins sévères , cest presque toujours leur assurerF impunité. Lintérêt commun , la compassion , la répugnancequ on a à contribuer à la mort dun misérable, tout concourtà éluder la loi. Chacun ferme les yeux fur des abus quil croittrop rigoureusement punis , & on laisse insensiblement parvenirle relâchement au comble de la corruption. II n en serait pasainsi si les peines étaient moins dures, parce que tout le mon-de tiendrait la main à faire punir les fautes, & à faire cesserles abus.

Sur des hommes qui doivent par état mépriser la mort,&ne craindre que linfamie, c 1est le ressort de la honte quilfaut faire jouer principalement. Que de grandes choses on fe-rait , sil était bien manié ce ressort, & combien ne ranimerait-on pas le germe de la valeur, que nos constitutions militairesne tendent souvent qu à étouffer ! Les Romains étaient admira-bles. Voulaient-ils punir leurs soldats négligens, libertins, indo-ciles, efféminés, ou lâches? Us leur ôtaient lhabillement mi-litaire & les couvraient de haillons ; ils leur donnaient de lor-ge au lieu de froment; ils les faisaient saigner, ce qui étaitaustì une manière de les dégrader ; ils les obligeaient de camperhors des retranchemens ; ils les transféraient dune classe plusdistinguée à une classe inférieure. II y avait des crimes qu ilspunissaient de mort irrévocablement, comme celui davoir aban-donné son poste à 1ennemi par lâcheté ou par trahison, Lecelui d avoir jeté ses armes póur fuir. Mais en général les pei-nes capitales étaient très-rares. Us s' en servaient lorsquon avaitbesoin e grands exemples pour affermir la discipline, & rame-ner le o at aux institutions & aux coutumes anciennes. Enco-re leur pré eraient-ils souvent un travail les troupes trou-vaient leur punition, & l'Etat son avantage ; puisquelles ne

pouvaient sen affranchir q Ue ,p ar ] a victoire.

Ils employaient des peines de plusieurs espèces pour ces^violations de discipline qui nexigeaient pas des marques digno-miriie ; mais ces peines, que que fois très-meses, n étaient jamaisconfondues avec celles qui étaient déshonorantes. C est à quoi