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il faut bien Connaître ces cas, distinguer les crimes& les cir-constances des crimes. II est d* ailleurs incontestable qu’ordonnerdes châtimens extrêmes pour des fautes qu’ on pourrait corrigerpar des voies moins sévères , c’est presque toujours leur assurerF impunité. L’intérêt commun , la compassion , la répugnancequ’ on a à contribuer à la mort d’un misérable, tout concourtà éluder la loi. Chacun ferme les yeux fur des abus qu’il croittrop rigoureusement punis , & on laisse insensiblement parvenirle relâchement au comble de la corruption. II n’ en serait pasainsi si les peines étaient moins dures, parce que tout le mon-de tiendrait la main à faire punir les fautes, & à faire cesserles abus.
Sur des hommes qui doivent par état mépriser la mort,&ne craindre que l’infamie, c 1 ’est le ressort de la honte qu’ilfaut faire jouer principalement. Que de grandes choses on fe-rait , s’il était bien manié ce ressort, & combien ne ranimerait-on pas le germe de la valeur, que nos constitutions militairesne tendent souvent qu’ à étouffer ! Les Romains étaient admira-bles. Voulaient-ils punir leurs soldats négligens, libertins, indo-ciles, efféminés, ou lâches? Us leur ôtaient l’habillement mi-litaire & les couvraient de haillons ; ils leur donnaient de l’or-ge au lieu de froment; ils les faisaient saigner, ce qui étaitaustì une manière de les dégrader ; ils les obligeaient de camperhors des retranchemens ; ils les transféraient d’une classe plusdistinguée à une classe inférieure. II y avait des crimes qu’ ilspunissaient de mort irrévocablement, comme celui d’avoir aban-donné son poste à 1’ennemi par lâcheté ou par trahison, Lecelui d avoir jeté ses armes póur fuir. Mais en général les pei-nes capitales étaient très-rares. Us s' en servaient lorsqu’on avaitbesoin e grands exemples pour affermir la discipline, & rame-ner le o at aux institutions & aux coutumes anciennes. Enco-re leur pré eraient-ils souvent un travail où les troupes trou-vaient leur punition, & l'Etat son avantage ; puisqu’elles ne
pouvaient s’en affranchir q Ue ,p ar ] a victoire.
Ils employaient des peines de plusieurs espèces pour ces^violations de discipline qui n’exigeaient pas des marques d’igno-miriie ; mais ces peines, que que fois très-meses, n’ étaient jamaisconfondues avec celles qui étaient déshonorantes. C est à quoi