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Tout supérieur doit donc obliger par voie d'autorité, &sans la moindre condescendence, ses subordonnés à remplir leursdevoirs, & châtier sévèrement ceux qui n’ exécuteront pas sesordres littéralement, fans délai, & fans la moindre réclamation,ou qui trop raisonneurs oseront seulement les critiquer *: parceque c’ est l'unique moyen de détruire cet esprit de discorde,,de contradiction, & de censure, qui, si on n’ y prend garde,.se glisse si facilement parmi les officiers, les rend si revêchesaux volontés de leurs supérieurs, invite le soldat à la mêmeindépendance , lui fait perdre toute confiance en ceux qui lecommandent, & le fait devenir insolent, séditieux , indiscipli-nable.
Chaque officier doit répondre à celui qui le prêcede im-médiatement de 1’ état de la troupe qui lui est confiée, & rem-plir avec la plus grande exactitude tout ce que les réglemensde discipline & de service lu.i prescrivent. II faut qu’il alliedans fa conduite envers le soldat T humanité & la douceur avecla fermeté & le ton d’autorité nécessaires ; qu’ il veille à sonbien-être en pere & en ami j qu' il le garantisse de toute espècede tort ou véxation ; & qu’ il tâche de lui élever 1’ ame, delui inspirer de 1' estime pour son état, & du goût pour 1e,service.
Mais il ne suffit pas de punir les officiers de leurs crimes& de leurs fautes, on doit les; punir auffi de leurs vices. ILfaut qu’il y ait des peines attachées à la paresse, à la fausseté,luxe, à la débauche, à T ignorance même. ** Le ressort de
* Tout officier qui, ayant étémis au x arrêts par ion supérieur,oserait, après en être sorti, lui endemander raison, y doit être renvo-yé sur le champ, sans entrer aveclui dans la moindre explication, 8cs 5 il avait encore cette audace pourla seconde sois, il stoit être mis auconseil de guerre Lc cassé. Le supé-rieur qui ne réitérera pas le châti-ment, ou qui sè prêtera à quelquesatisfaction , fera auffi destitué de í'oaemploi, comme ayant donné la main
au renversement de l r ordre,& com-me incapable de cette fermeté d’arne,que le maintien de la discipline exi-ge dans tous les grades. Car il se-rait bien tems de revenir de certainspréjugés barbares, 8c de regarder cessatisfactions indues comme des mar-ques de faiblesse plutôt que de cou-rage. Mais c’est au Souverain à ré-gler là-dessus les opinions.
** L s ignorance 8c le défaut deprincipes rendent les hommes ii aveu-gles fur leurs propres intérêts, qu ils
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