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Rome, cette République imitatrice de tout ce qu’ il javait de solide & d’utile sur la terre , adopta d’abord les idéesdes Latins & des Etrusques dans P établissement de ses écolesmilitaires. Elle y ajouta depuis celles des Grecs ; mais en lessimplifiant elle les rendit d’une utilité encore plus générale.Tout P Etat devint une école de guerre. Chaque ville avait sonchamp de mars. On venait ensuite se perfectionner à celui dela capitale, immense pépinière de soldats & de héros -, & c’ estde là que sortaient les vainqueurs & les maîtres du monde.
L’ esclavage , P abattement, P oisiveté , la mojesse, firentpeu-à-peu tomber sous des princes méchans ou ineptes toutesces admirables institutions, & P Empire privé de cette milicenerveuse & bien constituée, qui seule pouvait le soutenir & dé-fendre, devint la proie de ces peuples du nord dont Romeavait tant de fois triomphé. Voir anéantir la constitution mili-taire, & déchirer démembrer P Empire, ce fut donc la mêmechose , & ce qu' il y avait de plus triste encore c’ était de voirces mêmes barbares, à la vérité destructeurs & brigands, maisgénéreux & braves , beaucoup moins indignes de régner queces lâches Romains .& ces perfides Grecs, qui avaient tantdégénéré, & qui índissérens pour la gloire n’ opposaient àleurs ennemis que des vices & des horreurs.
A plusieurs siécles d’abrutissement succédèrent ceux de l'en-tousiasme & du fanatisme, où P esprit de galanterie romanes-que répandu par les Arabes, s' unissant à la dévotion & auxmœurs guerrières, enfanta la chevalerie, qui procurait à.lajeune noblesse une éducation martiale, mais très-imparfaite, &remplie de licence, de faux préjugés , de superstition, & d’abus.Res jeunes nobles, élevés dans les maisons des chevaliers, ap-prenaient fous eux le métier , mais non la science, des armes.Ils les servaient en qualité de pages , ensuite d’écuyers, aspi-rant au rang suprême de la chevalerie, où P on ne parvenaitqu’ après des preuves éclatantes de valeur. II en résultait doncune espèce d’éducation pour la noblesse , qui, toute défectueusetoute étrange qu’ elle était , Ru d'abord très-utile dans destems de barbarie & de brigandage. Elle conservait quelquesvertus au milieu des excès de tous les vices, & opposait quel-ques barrières à P injustice & à P oppression qui régnaient par-tout.