Buch 
Pensées sur la tactique et la stratégique ou vrais principes de la science militaire / par de Silva
Seite
344
JPEG-Download
 

344 tactique

Rome, cette République imitatrice de tout ce qu il javait de solide & dutile sur la terre , adopta dabord les idéesdes Latins & des Etrusques dans P établissement de ses écolesmilitaires. Elle y ajouta depuis celles des Grecs ; mais en lessimplifiant elle les rendit dune utilité encore plus générale.Tout P Etat devint une école de guerre. Chaque ville avait sonchamp de mars. On venait ensuite se perfectionner à celui dela capitale, immense pépinière de soldats & de héros -, & c estde que sortaient les vainqueurs & les maîtres du monde.

L esclavage , P abattement, P oisiveté , la mojesse, firentpeu-à-peu tomber sous des princes méchans ou ineptes toutesces admirables institutions, & P Empire privé de cette milicenerveuse & bien constituée, qui seule pouvait le soutenir & dé-fendre, devint la proie de ces peuples du nord dont Romeavait tant de fois triomphé. Voir anéantir la constitution mili-taire, & déchirer démembrer P Empire, ce fut donc la mêmechose , & ce qu' il y avait de plus triste encore c était de voirces mêmes barbares, à la vérité destructeurs & brigands, maisgénéreux & braves , beaucoup moins indignes de régner queces lâches Romains .& ces perfides Grecs, qui avaient tantdégénéré, & qui índissérens pour la gloire n opposaient àleurs ennemis que des vices & des horreurs.

A plusieurs siécles dabrutissement succédèrent ceux de l'en-tousiasme & du fanatisme, P esprit de galanterie romanes-que répandu par les Arabes, s' unissant à la dévotion & auxmœurs guerrières, enfanta la chevalerie, qui procurait à.lajeune noblesse une éducation martiale, mais très-imparfaite, &remplie de licence, de faux préjugés , de superstition, & dabus.Res jeunes nobles, élevés dans les maisons des chevaliers, ap-prenaient fous eux le métier , mais non la science, des armes.Ils les servaient en qualité de pages , ensuite décuyers, aspi-rant au rang suprême de la chevalerie, P on ne parvenaitqu après des preuves éclatantes de valeur. II en résultait doncune espèce déducation pour la noblesse , qui, toute défectueusetoute étrange qu elle était , Ru d'abord très-utile dans destems de barbarie & de brigandage. Elle conservait quelquesvertus au milieu des excès de tous les vices, & opposait quel-ques barrières à P injustice & à P oppression qui régnaient par-tout.