ET LA CONTEMPLATION DE LA NATURE. 3
Quelle est donc la cause secrète de ces rela-tions qui existent entre nos sens et les objets ex-térieurs , entre les impressions que ceux-ci nousfont éprouver, et les réflexions qu elles amènent àleur suite ? Quels sont ces rapports qui s’établis-sent entre les grands tableaux de la nature et l’oeilqui les contemple ; entré ces émanations échap-pées du sein des fleurs et 1 odorat qu elles ré-créent ? D’où nous vient cette sorte d’extase, cetabandon à une douce rêverie, lorsque , dans laretraite des forêts, les accents harmonieux deschantres ailés qui les habitent viennent frappernotre ouie ?
Une partie de ces sensations, celles surtout re-latives aux besoins physiques, l’homme les par-tage avec les autres animaux : mais ce qui n’existeque pour lui seul, c’est cette précieuse faculté quilui»permet de saisir l’ensemble du grand specta-cle qu’il a sous les yeux ; c’est cette intelligencequi lui en fait concevoir la belle harmonie ; c’estce sentiment intime de la conscience de son exis-tence qui le met en relation avec tous les objetsextérieurs , et l’élève, par la pensée, jusqu’à l’au-teur sublime de tant de merveilles.
U est donc par la pensée que l’homme est dis-tingué d es ai it r es animaux ; avec elle, il devientle premier être de la création : elle constitue sonexistence intellectuelle ; l’exercice de cette pré-cieuse faculté la développe et l’étend. Étouffée parl’ignorance , les préjugés, la superstition , ou éga-