FT LA CONTEMPLATION DE LA NATURE. >
que quelques-uns d’eux nous paraissent, ne sont-ils point frappés du grand spectacle de l’univers?C’est qu’il ne leur a été accordé que l’intelligencenécessaire pour satisfaire aux besoins de leur exis-tence , et veiller à leur sûreté individuelle.
D’où vient que le sauvage , et meme quelque-fois l’homme social de la classe la plus inférieure,quoique doués de cette raison qui les distinguesi éminemment de la brute, contemplent-ils avecune sorte d’indifférence, et la majesté des cieux,et ces riches dons de la nature répandus sur lasurface de la terre ? C’est que leur intelligence, peuexercée, est presque bornée aux seuls besoins phy-siques ; c’est que la nécessité d’y satisfaire les oc-cupe tout entiers, et ne permet à leurs penséesaucun développement.
D’où vient enfin que le commun des hommes,quoique frappés de ces merveilles , semblent lesoublier, ou n’éprouver à leur aspect qu’une froi-de admiration? C’est que l’habitude, lorsqu’elleest constante , uniforme , émousse, paralyse nossensations. Pour être mieux senties, elles ontbesoin d’être interrompues, renouvelées, ou en°Pposition avec d’autres. Le printemps perdraitline partie de ses charmes, s’il n’était précédé parla saison des frimats : ainsi l’homme du peupleavouera q ue j e c j e | es t U11 beau spectacle, que laterre est admirable, riche dans ses productions ;mais il est, froid au milieu de ses aveux : c estl’effet de l’habitude.