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DISCOURS SUR l’ïTUDI
Que faut-il pour le tirer de cet état d’indifféren-ce? Des phénomènes extraordinaires, qui ne sontbien souvent que des calamités publiques. Quela foudre gronde au-dessus de sa tête ; que la terreen convulsion s’agite par secousses et produisedes bouleversements désastreux ; que des flam-mes, sorties de son sein, s’élancent vers le ciel,soulèvent les rochers, les convertissent en fleuvesde feu, ce spectacle effrayant, terrible et majes-tueux, produit, sur l’esprit de l’homme, une im-pression de terreur profonde , déchirante. Soncœur, qui peut-être ne s’était jamais ouvert à lareconnaissance, est alors pénétré d’une fraveursombre et religieuse : alors il reconnaît que l’u-nivers doit avoir un maître.
Mais quelle idée l’homme peut-il se former d’unepuissance qui ne se montre qu’entourée des éclatsde la foudre, au milieu des plus affreux boulever-sements de la nature? Ce ne peut être cette divi-nité bienfaisante qui verse sur les moissons la roséede l’abondance ; ce n’est ni un Dieu de bonté, niun père tendre veillant à la conservation de sesenfants : c’est bien plutôt un Dieu terrible et ven-geur, un esprit malfaisant, le génie du mal, quidemande , pour être apaisé, des oblations, dessacrifices, des victimes. Cet égarement de la rai-son a produit des horreurs dont frémit encorel’humanité : le sang humain a coulé sur les autels;des enfants, arrachés du sein de leur mère -, ontété livrés aux flammes; la jeune vierge est tom-